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De la parole aux actes après la COP 21

Un mois après les négociations de la COP 21, les promesses doivent désormais être tenues et concrétisées. État des lieux et décisions.

Durant cette conférence qui s’est tenue du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris, l’Union européenne a pris l’engagement de réduire ses émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) de 50 % sur la période 1990-2050. La France a pris un engagement supérieur avec une réduction de 75 % sur cette même période.

L’agriculture en première ligne

Concernant l’agriculture, un objectif ambitieux a été fixé avec une réduction de 12 % de ces émissions de GES dès 2028. L’agriculture est l’un des domaines d’activité le plus impacté par ce réchauffement climatique. Elle subit trois types de phénomènes :

  • La modification des facteurs bioclimatiques (pluviométrie, évaporation, ensoleillement…) qui impacte plus ou moins fortement les systèmes agricoles en fonction des régions du monde.
  • L’accentuation de certains phénomènes climatiques extrêmes comme les épisodes pluvieux, de grande sécheresse ou de tempête par exemple.
  • Le risque de « maladie et ravageurs » qui pourrait s’avérer plus élevé sur les cultures à cause du réchauffement climatique.

Le rôle essentiel de l’agriculture

Une évolution forte des systèmes agricoles est à attendre dans les décennies, voire les années à venir, pour s’adapter à la nouvelle donne climatique. À défaut d’anticipation, elle sera davantage subie que choisie. Cette évolution va s’accélérer du fait de plusieurs éléments :

  • Tout d’abord, la modification observée du climat des évolutions des systèmes agricoles seront indispensables pour pérenniser les rendements vis-à-vis des nouvelles conditions climatiques.
  • Ensuite, l’adaptation «incitée ou contrainte » liée à la réglementation et à l’orientation des aides publiques : l’Assemblée nationale a inscrit la stratégie bas-carbone visant à définir la marche à suivre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans la loi de Transition énergétique du 17 août 2015. Le cadre réglementaire va donc s’étoffer autour de cette stratégie.
  • Enfin, les acteurs agricoles devront valoriser le rôle essentiel de puits à carbone que permet l’agriculture dans la biomasse ou dans le stockage du carbone dans le sol.

La méthanisation, une des solutions

L’atteinte des objectifs extrêmement ambitieux fixés par la France n’aura lieu que si elle est accompagnée d’une révolution de l’agriculture et de l’élevage. Le développement de masse de la méthanisation constitue un levier essentiel dans cette réduction des GES. La méthanisation a l’avantage de réduire la production de méthane (gaz à fort pouvoir de réchauffement) et l’utiliser en tant qu’énergie de substitution permettra de ne plus avoir besoin d’utiliser d’autres énergies notamment fossiles. Par ailleurs, elle a l’avantage d’apporter de l’emploi dans les zones rurales et de consolider l’activité d’élevage. Cette filière tarde à se développer et les freins à son développement sont connus : la lourdeur administrative et surtout le manque de rentabilité de la petite méthanisation à la ferme. Une simplification administrative, un tarif d’achat électrique incitatif et le développement de l’injection de « gaz porté » sont les clés de sa promotion.

Poursuivre et développer les pratiques de bon sens

Des évolutions notables sont à attendre dans de nombreux autres domaines (évolution des bâtiments d’élevage et du stockage des effluents, de l’alimentation animale…), mais il convient également de poursuivre des pratiques de bon sens (implantation de couverts végétaux qui combinent agronomie et stockage du carbone dans le sol, utilisation optimale des engrais azotés par une fertilisation adaptée et grâce aux nouvelles technologies, développement des haies ou plantations boisées autour des parcelles cultivées…). La réglementation et une partie des aides publiques, notamment les MAEC (Mesures agri environnementales et climatiques) sont, d’ores et déjà, orientées vers un accompagnement des pratiques en cohérence avec cette politique bas-carbone. Des aides financières sont prévues pour accompagner les acteurs agricoles dans cette transition. Des démarches novatrices pour financer les réductions de GES sont à promouvoir et d’autres à inventer. Claude Rouxel / Cerfrance Côtes d’Armor

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