Productions Agricoles

Semis de couvert après chou-fleur

Les couverts végétaux sont des alliés indéniables pour la gestion de l’interculture. Pour la production de chou-fleur, un essai mené par le Syndicat Mixte du Trégor et la Chambre d’agriculture ouvre des perspectives intéressantes pour semer en un passage des mélanges pour couvrir le sol.

Difficile de trouver le temps et les espèces adaptées pour des semis de couverts végétaux après récolte de chou-fleur. La Chambre d’agriculture a voulu tester un itinéraire technique simple d’implantation en cette fin novembre, en collaboration avec le Syndicat Mixte du Trégor, impliqué dans un plan de lutte contre les algues vertes de l’anse de Locquirec (29). « L’objectif est de semer un mélange composé de phacélie, de vesce velue et d’avoine diploïde dans cette parcelle en un seul passage. La Directive nitrate autorise 20 % de légumineuse dans le mélange. C’est le cas ici, avec 15 kg d’avoine, 4 de phacélie et 3 de vesce velue. Ces espèces semée à cette époque sont non gélives, et resteront en place jusqu’à la fin du printemps. La vesce utilisera l’avoine comme tuteur pour son développement », explique Anthony Brûlé, conseiller légumes à la Chambre d’agriculture de Saint-Pol-de-Léon (29). Toute cette végétation va se développer jusqu’au mois de mai, où un broyage précédera la plantation de choux-fleurs en juillet. Pour implanter le couvert, c’est l’ETA Godec, de Plouigneau (29), qui assure le chantier. Le tracteur, équipé à l’avant d’un déchaumeur poussé Front Terra Disc de chez Kongskilde, découpe la végétation et l’enfouit.

Premiers résultats du Chou-fleur cousu

L’exploitation finistérienne était le théâtre il y a trois semaines d’une démonstration de couseuse de chou. L’heure de la récolte a aujourd’hui sonné pour tirer les premières conclusions. « C’est une machine plus adaptée aux choux d’été et de début d’automne. La croissance des pommes a été ralentie par rapport à un chou-fleur conduit normalement. Un retard de maturité de 10 jours environ est constaté », observe Anthony Brûlé. L’objectif du procédé : éviter le jaunissement de la pomme, afin de garder un aspect blanc. Pour André Nédélec, mêmes conclusions. « La production d’hiver, nécessitant 4 ou 5 coupes, n’est pas adaptée à ce procédé. Il semble être plus bénéfique sur des choux d’été, qui sont tous récoltés en même temps ». La technique de récolte, à l’aveugle, demande aussi une certaine expérience.

Un passage rapide

Les graines de couvert sont mises en terre à l’aide d’un semoir Väderstad Rapid 300 C, capable de semer plusieurs espèces, et le résultat est à la hauteur des espérances : pas ou peu de bourrage sur l’outil avant, un terrain nivelé bien préparé. La vitesse d’avancement, de 15 km/h, permet de rapidement terminer la parcelle d’André Nédélec, producteur à Guimaec (29). « Le semoir bénéficie d’une terre toujours plus sèche sur les buttes. Les conditions sont donc réunies, même si la date de semis est avancée dans l’année. Pour implanter des céréales, un labour est systématiquement nécessaire avant le semis, dans une période où le besoin de main-d’œuvre est élevé. Dans le cas d’un semis de couvert, un premier passage d’outil à disque, puis de semoir est nécessaire. Là, un seul passage suffit », confie le producteur.

Le chou cousu, à gauche, demande encore du temps pour être mature
Le chou cousu, à gauche, demande encore du temps pour être mature.

« C’est un essai encourageant, qui laisse espérer d’autres itinéraires techniques, ou un semis en un seul passage de céréales d’hiver, comme de l’orge après choux. Le procédé peut être amélioré, car les roues de l’outil avant peuvent être amenées à bourrer », pense Anthony Brulé. Une solution rapide, qui répond aussi à un besoin de couverture des sols dans un bassin versant concerné par un plan de lutte contre les algues vertes et où le Syndicat Mixte œuvre pour trouver des solutions efficaces. Fanch Paranthoën

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