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La filière céréalière mise sur des rebonds du marché

La concurrence s’exacerbe sur le marché mondial du blé, notamment du fait de l’origine mer Noire, de l’autre, des signes d’une moindre récolte se profilent pour la moisson 2016.

Des marchés céréaliers « toujours plus lourds », « bilan mondial : de l’équilibre à l’excédent »… Face à ce constat, le conseil spécialisé de FranceAgriMer regarde le moyen terme (à l’horizon des six prochains mois) et y décèle des facteurs de rebond, en blé tendre notamment.

Sécheresse en Russie et Ukraine

D’une part, les semis de blé en Russie et surtout en Ukraine, réalisés en septembre-octobre, sont en recul de 10 % du fait d’une forte sécheresse, et laissent augurer d’une moisson parmi les plus basses depuis dix ans. D’autre part, les semis, réalisés avec retard, exposent le blé à une fragilité accrue pendant l’hiver, a indiqué Olivia Le Lamer, chef de l’unité grandes cultures à FranceAgriMer, à l’issue du conseil spécialisé céréalier de l’établissement du 12 novembre.

Une concurrence âpre à court terme

Depuis le début de la campagne, la Russie est le premier fournisseur de l’Égypte, avec 1,7 million de tonnes de blé exporté. Elle est suivie, loin derrière, de la Roumanie (540 000 t), de l’Ukraine (400 000 t), de la France (180 000 t), puis de la Pologne (60 000 t), pays qui commence à se manifester à l’exportation. Les experts de FranceAgriMer relèvent également la percée du Brésil comme exportateur de blé fourrager vers l’Asie, et surtout de maïs, grâce au décrochage du real par rapport au dollar. De plus, la concurrence pourrait s’exacerber sur le blé, après les élections du 22 novembre en Argentine, sur fond de « perspectives de dévaluation massive du peso et de réduction, voire de suppression des taxes à l’exportation (blé, maïs, peut-être en partie soja) ». Enfin, les achats d’orge par la Chine sont en « décélération », à un moment où le bilan mondial est excédentaire.

Entrée en scène de l’Iran, acheteur important

La fin probable des sanctions contre l’Iran au printemps 2016 pourrait permettre à ce pays d’acheter. Enfin, le retour de l’Iran dans le commerce international ferait fléchir les cours du pétrole, donc ceux des frets maritimes, ce qui rendrait moins coûteuse l’exportation  de blé par l’UE. En maïs, les Américains attendent une hausse des prix dans plusieurs mois. Au bout du compte, le conseil spécialisé a laissé stable, à 11,5 millions de tonnes, sa prévision des exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers pour la campagne 2015-2016.

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