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2014, le défi de la croissance

Difficile exercice que de prédire les cours des céréales à court terme… Si les tendances sont encourageantes pour 2014, de nombreux facteurs perturbateurs peuvent encore intervenir.

Les indicateurs sont au vert et pourraient annoncer un retour à la croissance pour 2014 avec une relance de la consommation et des investissements ; le Fonds monétaire international (FMI) et le Conseil international des céréales (CIC) annoncent ainsi de nouveaux débouchés pour les céréales si la relance économique s’avère réelle. Michel Le Friant, responsable de la section Céréales à Triskalia, détaille les facteurs qui peuvent influencer cette tendance annoncée.

Céréales, troubles géopolitiques et météorologiques en Ukraine

Sur les marchés d’Afrique du Nord, les pays européens se retrouvent en concurrence avec la production venant de Mer Noire. Les troubles géopolitiques et météorologiques en Ukraine entraînent une prime d’incertitude sur les marchés céréaliers à l’heure d’aujourd’hui. Avec une dévalorisation de leur monnaie de 29,3% depuis début janvier, les agriculteurs sont confrontés à des difficultés de financement et cette situation peut induire – on l’a déjà vu en Argentine – la rétention de la production par les producteurs à la récolte, dans l’attente d’une inflation. A cela, s’ajoute le démarrage d’une sécheresse qui peut affecter les prévisions de récolte annoncées.

Coup de froid pour les oléagineux

Le Canada avait annoncé une collecte record de 18 millions de tonnes de colza. Mais une vague de froid sans précédent a perturbé les transports. La collecte 2013, stockée dans les exploitations, va arriver sur les marchés mondiaux en mai/juin, risquant d’altérer les prix de la future collecte française. Aux USA, l’attrait des prix de vente du soja a entraîné une augmentation de l’emblavement de cette culture au détriment du maïs. Si les semis se passent dans de bonnes conditions, la récolte pourrait faire baisser les prix des protéines. De plus, avec un euro qui reste cher, les céréales à l’export subissent de plein fouet un handicap lié au coût de la monnaie face à un dollar qui s’est dévalorisé de 4,3 % en 3 mois.

D’autres éléments perturbateurs sont évoqués. Les fonds d’investissement américains se repositionnent sur les matières premières. Ce phénomène peut être accélérateur de mouvement sur les marchés et mérite d’être suivi de près. Dans l’hémisphère Sud, on parle aussi du retour d’El Niño à l’automne prochain, responsable de la sécheresse australienne en 2009. Carole David

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