Trouver de nouveaux débouchés aux céréales

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La teneur en protéine de blé est un enjeu crucial pour s’ouvrir les marchés de l’export. L’enjeu concerne aussi les producteurs.

La gamme de variétés de céréales mise à disposition des adhérents de Triskalia évolue pour laisser la place à des blés proposant des teneurs en protéines plus élevés. « Nous éliminons les blés autres utilisations (BAU) qui pénalisent l’accès aux marchés export. L’objectif est de garder une ouverture à tous les marchés possibles. Cellule, Fluor et Fructidor représentent ainsi 57 % des variétés semées pour cette campagne », chiffre Thierry Rouxel, responsable de la station de semence de Lamballe (22), lors de l’assemblée générale de la section céréales de Triskalia. Pour accéder à ces marchés, le seuil minimum de 11 % doit être atteint, ou même 11,5 % pour certains contrats. L’enjeu est donc de taille, et concerne toute la filière qui voit apparaître une nouvelle donne sur les transactions de céréales.

Le transport n’est plus un frein

Lors de la moisson 2015, 440 000 tonnes de blé ont été livrées dans les 187 points de collecte que compte la coopérative. 40 000 échantillons ont été prélevés, avec « 13 000 tonnes affichant des teneurs supérieures en protéines à 11 %, et le même volume avec des teneurs mesurées en dessous de 10 %. Pour ces derniers, c’est le signe que le rendement a été affecté. Le revenu des producteurs est fait par le rendement, or la fertilisation ne représente que 12 % des charges de la culture. L’économie n’est pas à faire sur ce poste. On peut faire des blés riches en protéines même dans le Finistère ou en Ouest Côtes d’Armor », rappelle Michel Le Friant, responsable du pôle céréales chez Calliance.

Concernant le transport des marchandises au niveau mondial, la situation a rapidement changé, comme le décrit Louison Caron, responsable des ventes chez Calliance. « Le prix du baril de pétrole a subi une baisse de ¾ de sa valeur depuis l’été 2014. Ainsi, un trajet en bateau Vancouver – Alger revenait à 110 $/t en 2007. Ce même service est facturé en 2016 25 $/t ».

Lorient, point stratégique

La région subit une mutation importante, avec une végétalisation des productions et des productions animales dans la tourmente. « Les ventes des fabricants d’aliments diminuent, et dans un même temps les volumes de collecte augmentent de 2 à 3 % par an. Notre métier va changer, celui des producteurs aussi », pense Michel Le Friant. Une des pistes avancées passe par le marché export, pour l’orge et le blé. « L’installation portuaire de Lorient est très bien placée. Des bateaux y déchargent des cargaisons de soja ou de tournesol, et repartent à vide à Saint-Nazaire. À nous d’adapter des points de stockage à ce contexte, pour livrer l’Écosse en orge brassicole ou encore les pays du Maghreb, grâce aux flux de navires qui côtoient les côtes africaines en allant chercher des tourteaux de tournesol en Mer Noire », explique le responsable. « Quand la Bretagne se tourne vers la mer, elle connaît une période de prospérité », disait Alexis Gourvennec.


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