La Chambre d’agriculture joue son rôle pendant la crise

chambre-agriculture-olivier-manceau-sophie-enizan-andre-sergent-sophie-jezequel-jean-jacques-deniel-lait-elevage-porc-legume-avenir-agricole-consommation-prix - Illustration La Chambre d’agriculture joue son rôle pendant la crise

Les productions bretonnes ont peu de visibilité sur l’avenir. Dans ce contexte particulier, la Chambre d’agriculture se doit de jouer un rôle d’animation et de conseil auprès des éleveurs.

Que ce soit en production laitière ou porcine, les élevages bretons sont bien souvent dans des situations délicates. Distorsions de concurrence, absence de prix de référence avec l’arrêt des cotations du marché du porc, dossiers de Fonds d’allégement de charges (FAC) déposés par des producteurs de légumes en juin 2014 et qui n’ont toujours pas été traités… Les sujets ne manquent pas sur le terrain pour les élus de la Chambre d’agriculture. « Nous n’avons pas le pouvoir de décréter des prix, mais notre rôle est de conseiller les producteurs dans ces moments difficiles », introduit André Sergent, président de la Chambre d’agriculture du Finistère. Un tiers des éleveurs sont en difficulté financière dans le département, et 10 % ont une situation compliquée. Pour Jean-Jacques Deniel, élu à la Chambre d’agriculture et producteur de lait à Plabennec, il faut « étudier toutes les solutions possibles, s’adapter au contexte pour dégager du revenu. La sécurisation des élevages est essentielle pour être là demain ». Pour se faire, un plan d’action pour les éleveurs a été mis en place.

Recherche et compétitivité

André Sergent rappelle les actions de recherche menées par les stations d’expérimentations, aussi bien « en production laitière sur le site de Trévarez, qui trouve des pistes de solutions par le biais d’une réduction des coûts alimentaires, ou encore à Guernevez, élevage équipé d’une maternité du futur ». Face à un marché volatil, la Chambre d’agriculture pense qu’il faut « une organisation collective pour s’en sortir, même s’il est compliqué de mettre tout le monde autour de la table », avoue le président.

La formation est aussi l’information. « Les éleveurs sont invités à rejoindre nos groupes d’échanges et de formations pour mieux comprendre les évolutions économiques et pour rechercher à plusieurs des solutions d’organisation des exploitations. La gratuité de ces formations dédiées aux éleveurs, grâce à une prise en charge du fond Vivea, est prévue jusqu’en avril 2016 », rappelle Jean-Jacques Déniel. Pour un accompagnement plus personnalisé, l’étude Dynavenir par un ingénieur de la Chambre d’agriculture permet d’y voir plus clair, de faire un diagnostic précis de l’exploitation ainsi qu’un bilan des mises en œuvre des préconisations. « Plus de 1 200 agriculteurs bretons ont déjà fait appel à ce service, c’est un succès. Les éleveurs se projettent sur l’avenir », insiste André Sergent.

Arrêter les distorsions de concurrence

Pour Sophie Jézéquel, il faut « clarifier et traiter de façon définitive les distorsions de concurrence. Nous avons en France un cahier des charges lourd, que le consommateur ne connaît pas. Concernant le manger français et l’origine des produits transformés, nous travaillons en partenariat sur le sujet avec l’Association des Maires de France (AMF) pour développer le manger local », des solutions concrètes pour maintenir l’agriculture et les élevages bretons. Les aides financières débloquées pour les éleveurs doivent « être distribuées aussi aux exploitations sans grosses difficultés. La fiscalité est en décalage avec les revenus. Des outils doivent être trouvés pour soutenir la trésorerie des exploitations pendant les crises », ajoute l’agricultrice. Des aides nécessaires à la filière, car un tiers des Finistériens actifs sont liés à l’agriculture. Fanch Paranthoën


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