Sécuriser son système pâturant

vincent-couvert-paturage-fourrage-herbe - Illustration Sécuriser son système pâturant

Sur ses 44 ha, Vincent Couvert est 100 % autonome en fourrages. Le pâturage constitue 50 % de la ration annuelle.

L’autonomie en système pâturant se conjugue aussi avec des marges de sécurité. C’est pour cette raison que cet éleveur de Monfort-sur-Meu (35) n’est pas partisan du tout herbe. « J’aime bien me garder une sécurité avec le maïs et cogiter sur mon assolement. » Cette année, les 6 ha de maïs ont donné 49 tonnes de matière sèche. « L’été sec a pénalisé le rendement, mais cela suffira jusqu’en septembre prochain. » Pour assurer une fermentation de qualité, Vincent Couvert a benné deux remorques d’ensilage sur une dalle pendant le chantier. Ce petit tas permet d’alimenter les vaches pendant que la fermentation du silo principal se stabilise.

23 kg de lait sans concentré

Aujourd’hui, les 36 vaches traites ont 5 kg d’ensilage de maïs, 6 kg d’ensilage d’herbe et le reste en pâturage. Aucune complémentation n’est apportée aux vaches. Elles produisent aujourd’hui 23 kg/ VL/j pour des TB/TP à 45/33,5 seulement avec les fourrages. Le rang de lactation se maintient à 6. « C’est un bon équilibre des fourrages qui donne du lait et des taux », dit l’éleveur. « Je suis assez large en stock. Cela me permet de laisser le temps à l’herbe de pousser. » Les temps de retour sur paddocks sont aujourd’hui de 35 jours. L’herbe à l’entrée de paddock fait 16-18cm. Les vaches restent au moins 3 jours par paddock. La sortie se fait systématiquement lorsque l’herbe est rasée (5-6 cm). « L’avantage, quand tout est accessible, c’est que la meilleure herbe est réservée aux laitières. » Chez Vincent Couvert, les prairies de fétuques, moins lactogènes sont pâturées par les génisses et les taries. En ce moment, il n’y a qu’un lot improductif. Génisses et taries sont au pâturage avec du foin dans un râtelier. « Je leur change de paddock quand la botte est finie. »

La Ferme

  • 1,4 UTH
  • 44 ha de SAU
  • 42 ha accessibles
  • 35,5 ha d’herbe
  • 6 ha de maïs
  • 2,5ha de mélange céréalier
  • 35 VL Holstein
  • 6 300 L/VL/an
  • 1,4 UGB/ha
  • Agriculture biologique depuis 2012

La gestion de l’assolement en système herbager

Chez cet éleveur, toutes les parcelles entrent dans les rotations. L’enjeu est d’avoir en permanence au moins 35 ha d’herbe. Pour cela, il travaille sur deux rotations : maïs-prairie et maïs-mélange céréalier-prairie. « Je recherche de la flexibilité dans l’assolement. » Cette année, après l’ensilage de maïs, les 6 ha sont conduits de trois manières différentes. Sur 2 ha, un mélange suisse de courte durée (ray-grass type italien + trèfles) a été semé. Une prairie longue durée sera implantée l’année prochaine. Sur 2 autres hectares, un mélange céréalier avoine/pois semé le 15 octobre sera incorporé pour enrichir le sol au printemps avant de semer une prairie. Les 2 ha restant seront semés en mélange céréalier à moissonner.

Le renouvellement des prairies

Cette année, Vincent Couvert a implanté ces couverts pour ne pas risquer un semis tardif de prairie. « Je préfère cela plutôt qu’une prairie qui n’a pas le temps de se développer avant l’hiver. » Pour renouveler les prairies cette année, il a essayé le sursemis, en faisant fait appel à une ETA équipée d’un semoir à disques. « Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai sursemé des prairies de 5-6 ans, qui se portent encore bien mais qui présentent des signes de fatigue. » Cet essai permettra de prolonger la durée de vie des prairies. Adage 35 : 02 99 77 09 56

L’avis de :

Didier et Sylvie Motais, Loscouët-sur-Meu (22) en zone séchante

On profite de la bonne pousse de l’herbe : tous les animaux pâturent jour et nuit. Le silo a été ouvert le 10 octobre pour les laitières. La ration se compose de 1/3 d’ensilage de maïs, 2/3 de pâturage et 2 kg de concentrés type VL18. Il nous reste 1 ha de maïs de l’année dernière qui fait la soudure jusqu’à la fin du mois. On a ensilé 14,5 ha de maïs le 26 septembre et le 2 octobre qui n’ont pas suffi à remplir nos deux silos, contrairement à l’année dernière. On a donc acheté  2,5 ha de maïs pour se sécuriser cette année, même si on devrait pâturer suffisamment pour faire des économies de maïs. 8 ha ont été fauchés mi-octobre pour faire 60 bottes d’enrubannage. Contact Cedapa : 02 96 74 75 50

Michel Nédélec, Plonévez-Porzay (29) en zone intermédiaire

Tant que le temps est bon, je continue de privilégier le pâturage dans les rations (1/3 mais; 2/3 herbe). Si le temps se gâte et que je dois rentrer mes vaches, j’inverserai les rations. En effet, les taux sont bons grâce à une bonne valeur de l’herbe. Pour 38 VL traites, j’ai une production de 25L/VL/j (TB 44 / TP 34). J’ai ouvert mon tas de maïs 2015 : il est très appétent. Il est resté vert avec un grain mûr. J’ai fait l’ensilage le 9 octobre, le rendement est moins bon que l’an passé, mais il devrait être normal (14 t de MS). Après les parcelles d’ensilage, j’ai semé 6 ha de prairie, de l’avoine et 4 ha d’orge cette semaine. Contact Civam 29 : 02 98 81 43 94

Laurent Barbot, Ploërdut (56), en zone humide

Il y a encore de l’herbe et s’il n’y a pas de gelées d’ici là, le pâturage pourra continuer jusqu’à décembre. Les 49 VL passent 3 j/paddock et la production moyenne est de 22 L/VL/j (TB 42,6, TP 34,8). La ration reste de 1,5kg de mélange céréalier aplati le matin et, le soir, de 1,5 kg de mélange, 7 kg MS de maïs et 2 kg de correcteur azoté. Côté couverts, j’ai semé 2 ha de RGI qui serviront au pâturage des génisses cet hiver. Un mélange radis-phacélie-moutarde-trèfle incarnat a été semé après maïs sur les parcelles éloignées. Cette année, je n’ai pas de colza en dérobée à pâturer par les laitières car toutes les parcelles près de la ferme sont en herbe. Contact Civam AD 56 : 07 85 26 03 02


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article