Productions Agricoles

Début de la pleine pousse

Depuis quelques jours, à Saint-Malo-des-Trois-Fontaines (56),  la croissance de l’herbe s’accélère. Jean-François Orain a fermé le silo d’herbe depuis fin mars et les vaches sont à leur 3e tour de pâturage.

Jean-François Orain exploite seul 74 ha regroupés autour du corps de ferme. Une situation idéale pour le pâturage, qui est la clef de voûte du système fourrager. « Les 50 vaches n’ont pas arrêté de tourner tout l’hiver, sur 32 paddocks de 1 ha, à raison d’une journée par paddock. Elles ne sortent que lorsque les parcelles sont bien grattées, 5 cm généralement. Il faut insister pour les faire finir, et  ne pas écouter les vaches ! ». Il n’y a donc pas de déprimage sur cette ferme puisque l’herbe est pâturée toute l’année.

Depuis début mars les vaches laitières Prim’Holstein dorment dehors. Elles recevaient jusqu’au 29 mars, en complément du pâturage, de l’ensilage d’herbe et du foin. « La pousse de l’herbe a vraiment décollé autour du 15 mars et j’ai commencé à diminuer progressivement l’ensilage. J’ai même tenté, le 20 mars, de l’arrêter totalement. Cependant les vaches restaient un jour par paddock au lieu des deux prévus au printemps. J’ai finalement recommencé à distribuer  jusqu’au 29 mars. En ce moment, on voit que les vaches ont envie d’aller au champ. Elles ne veulent plus rester à la stabulation. »

Du foin avant d’aller en pâture

Si l’ensilage est terminé, pas question pour autant d’arrêter la distribution de foin, consommé après chaque traite et avant le départ à la pâture. « Elles ont besoin de fibres, même le foin très dur, elles le croquent ». Elles en consomment 2 kg par jour, en complément de l’herbe. Les vaches produisent en ce moment 22 L en moyenne, pour un rang moyen de lactation de 6 mois avec 43,7 de TB et 33 de TP. Depuis début mars, l’urée du lait est passée de 216 mg/L à 318 mg/L, en lien avec l’augmentation de la part d’herbe pâturée et un taux de trèfle élevé. « Comme je fais gratter les parcelles, le trèfle est exposé à la lumière et se développe bien.»

Des prairies multi-espèces

En 2009, Jean-François Orain a semé une grande part de sa surface en prairies multi-espèces. «Elles ont été semées avec un mélange RGA, fétuque élevée, trèfle blanc, trèfle violet et dactyle. Je regrette d’avoir mis du dactyle dans le mélange car il fait disparaître les plantes qui poussent autour et fait baisser la productivité de la parcelle. Les parcelles sans dactyle se comportent beaucoup mieux dans l’ensemble.»
Pour semer ses prairies Jean François peut parfois attendre le printemps, comme cette année où 3 ha seront semés avec de l’avoine. « Je ne peux pas rentrer sur cette parcelle humide avant la fin avril », confie-t-il. De leur côté, les génisses de renouvellement et les bœufs pâturent ensemble sur leur propre circuit de pâturage : 5 jours par parcelle sur des paddocks d’un hectare. « Ce lot ira déprimer les zones humides où je ne pouvais pas faire rentrer les vaches. »

Déterminer un paddock pilote

Pour gérer le pâturage, l’éleveur fait souvent le tour de ses parcelles. « Je vais déterminer un paddock pilote, à mesurer au mètre ruban ». Situé aux abords du corps de ferme, c’est celui qu’il va observer pour évaluer la pousse de l’herbe. « Lorsque le pilote fera 18 cm de hauteur feuille tendue, je vais sauter les autres paddocks du tour de pâturage et faire pâturer le paddock pilote. » Les paddocks débrayés, situés près de la stabulation seront de préférence fauchés en enrubannage, pour les réintégrer plus tôt au cycle de pâturage. Les autres seront destinés à l’ensilage ou au foin, autour du 20 mai. Contact Civam AD 56 : 02 97 66 32 62

L’avis de :

Alain Normant, Mahalon (29) en Zone intermédiaire

Le 1er tour de pâturage se termine prochainement : il reste encore 7 ha à faire déprimer. Une partie de ces parcelles (5,5 ha) sera prochainement labourée pour être ensemencée en maïs ensilage. Les 60 vaches laitières sont à plein temps au pâturage depuis le 17 mars. J’ai ainsi pu fermer le silo de maïs. En complément de l’herbe, elles reçoivent encore 2 kg MS de fourrages grossiers (luzerne enrubannée ou foin). La moitié des vêlages ayant eu lieu en mars, la production de lait est de 16,5 kg/VL (48 TB et 36 TP). Dans notre petite région, on a subi une forte attaque de larves de tipules qui m’ont attaqué 1,5 ha de prairies de plus de 3 ans. Je vais tenter de faire du sursemis de RGH rapidement. Civam 29 : 02 98 81 43 94

Marcel Tuaux, Montours (35) en Zone Humide

J’ai commencé le pâturage assez tôt et aujourd’hui, j’ai peu de stock d’herbe d’avance. Le 2e passage se termine dans 6 jours. En plus, j’ai récemment épandu du fumier ou des eaux vertes/blanches sur 8 ha, m’obligeant à bloquer plusieurs paddocks pour le pâturage. C’est pour ces raisons que je continue à distribuer 1,5 kg de MS de foin et 5 kg de MS de maïs (18 kg de lait/VL, 44 TB, 32 TP). Mais d’ici la mi-avril, les 8 ha rentreront de nouveau dans le cycle de pâturage me permettant ainsi de fermer le silo maïs. Vendredi, j’ai sorti toutes mes génisses. Je pratique le pâturage tournant de la même manière qu’avec mes vaches laitières. Seules les génisses de moins d’un an reçoivent un complément. Adage 35 : 02 99 77 09 56

Jérôme Oizel, Le Foeil (22) en Zone intermédiaire

La mise à l’herbe des bovins s’étale de fin mars au 15 avril. Les vaches allaitantes dorment dehors depuis le 3 avril, après une semaine de transition : elles sortaient la journée et avaient foin et enrubannage à l’étable. La pousse démarre bien. Les vaches sont au fil avant, fil arrière pour que les pâtures composées de dactyle, fétuque élevée, RGA et trèfle soient bien pâturées. Le dactyle doit être pâturé pour début mai, ce qui assure des repousses feuillues. S’il épie, il faudra obligatoirement faucher. Chaque lot d’animaux a un nombre de paddocks suffisant pour passer toute la saison à l’herbe : je prévois donc de faucher des surfaces dans chaque lot, de façon à éviter de déplacer des animaux. Cedapa : 02 96 74 75 50

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