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Affourager en vert sans se mettre dans le rouge

Rapidité et stabilité du matériel

Depuis mars 2014, Yvan et Stéphane Joncour du Gaec du Menez, à Le Juch (29), réalisent de l’affouragement en vert avec une barre de fauche de 3 m et une remorque autochargeuse. Un équipement rapide et stable sur leur territoire vallonné.

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« Nous avons tout de suite observé l’appétit des vaches pour le fourrage vert, leur vitalité… », expliquent Yvan et Stéphane Joncour.

« Avec la météo capricieuse de notre secteur, nous avions du mal à récolter l’ensilage d’herbe au stade optimal en valeur alimentaire. Le débit de chantier n’était pas suffisant », précise Yvan Joncour, associé avec son frère Stéphane, sur la commune du Juch (29). En 2011, suite à la forte augmentation de la part d’herbe sur l’exploitation, les producteurs de lait avaient acquis deux barres de fauche (Krone) : une frontale et une latérale de 3 m chacune. Sur près de 70 ha de prairies, 20 ha sont directement accessibles pour les vaches, car la SAU est regroupée, mais traversée de grands axes.

L’autochargeuse du voisin en essai

En juillet 2013, souhaitant s’orienter vers l’affouragement en vert, ils testent une remorque autochargeuse appartenant à un voisin, pendant une dizaine de jours. « Nous avons tout de suite observé l’appétit des vaches pour le fourrage vert, leur vitalité… », expliquent les éleveurs qui choisissent alors d’investir dans ce type de matériel. Depuis mars 2014, ils utilisent une remorque autochargeuse de 25 m3, de marque Krone (AX 250 D). Elle permet la distribution de l’herbe sur le côté ou le déchargement à l’arrière pour confectionner un tas d’ensilage par exemple. L’investissement de 70 000 € HT (options comprises) a bénéficié d’une subvention de 20 000 € dans le cadre du Bassin versant algues vertes de Douarnenez, sur lequel l’exploitation est située.
Après une année de pratique, Yvan et Stéphane Joncour ne regrettent pas leur choix. « Entre deux averses, dès que l’herbe est ressuyée, elle peut être récoltée rapidement. Nous ne faisons qu’un seul tour pour l’alimentation des vaches, avec un tracteur de 125 CV et une barre de coupe à l’avant. L’ensemble reste stable sur nos terrains vallonnés. Nous allons ramasser l’herbe sur les parcelles de début mars à mi-décembre. » Autre atout aux yeux des éleveurs : la structure supérieure, à claires-voies, est rabattable pour rentrer dans les bâtiments.

Plus de pérennité avec l’herbe

En 2010, les éleveurs cultivaient 40 ha de maïs, une soixantaine d’ha d’herbe et pas de céréales. Aujourd’hui, sur la SAU de 107 ha, poussent 10 ha de céréales, 25 ha de maïs ensilage, 2,5 ha de betteraves et près de 70 ha d’herbe (dont une bonne part de prairies multiespèces avec du trèfle). « Davantage de maïs, c’était davantage de soja. C’est lors de la crise du lait en 2009 que nous avons décidé de produire plus d’herbe, pour limiter les problèmes de trésorerie. Sur la campagne 2013/14, si nous avions conservé la même consommation de tourteaux de soja qu’il y a quelques années, nous aurions dépensé 25 000 € en plus, avec un cours moyen du soja sur la campagne de 393 €/t », chiffre Yvan Joncour.
« Moins de maïs, c’est également moins d’avances sur cultures et moins de coûts de récolte. » À 100 €/1000 L, le coût alimentaire reste pour le moment stable, du fait des frais supplémentaires en semences pour les prairies. Malgré l’affouragement en vert, les frais de carburant n’ont pas augmenté, « car nous faisons moins de labours aujourd’hui. » Et grâce à l’herbe fraîche, les vaches vieillissent mieux et les frais vétérinaires ont baissé. Enfin, « l’herbe assure la pérennité de notre exploitation sur un BV algues vertes », ajoutent les éleveurs.

Des rendements supérieurs

L’affouragement en vert demande entre 45 minutes et 1 heure de travail par jour à une personne. « Les rendements sont supérieurs avec cette technique. Les parcelles sont entièrement récoltées et pas souillées. C’est aussi moins de clôtures à entretenir. » En complément de l’affouragement en vert, les producteurs réalisent toujours des stocks d’herbe sous forme de foin, d’ensilage et d’enrubannage. En 2000, ils ont investi dans l’hydrocurage de l’aire d’exercice. « Le lisier très peu chargé en matière sèche est bien valorisé sur l’herbe toute l’année. » « Les vaches mangent du maïs plus correcteur le matin, puis sont affourragées en vert le soir après la traite. En période de pâturage, elles vont dans les prairies le matin, puis reçoivent le maïs à partir de 16 h. Elles ne passent jamais la nuit dehors », expliquent les éleveurs. Agnès Cussonneau

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