Productions Agricoles

Lait : la crise est derrière nous

Après quatre années de crise, la production en lait de chèvre est de nouveau en augmentation depuis l’automne, en France, comme dans les pays qui exportent sur l’Hexagone.

Après l’augmentation du coût des matières premières en 2008, la filière lait de chèvre a subi une crise de surproduction sans précédent. Baisse des références laitières, diminution du prix de base… Chaque laiterie a mis en place une stratégie pour s’adapter sur ce marché difficile, engendrant des tensions de trésoreries face à l’achat des intrants et aux investissements réalisés dans les ateliers caprins. Les exploitations les moins autonomes, avec un foncier insuffisant, et les installations les plus récentes sur la région ont été fragilisées, entraînant quelques arrêts d’activité ou la création d’ateliers de diversification.

Une inversion de la tendance en 6 mois

« Nous avons dû décapitaliser nos cheptels à un prix catastrophique. Quatre ans plus tard, on nous demande de les reconstituer à un prix de fortune », analyse Gilles Guillomon, éleveur à Domloup (35). Et ce, à chaque fois de manière soudaine. « La crise est derrière nous, mais le choc a été violent : la dernière tendance s’est inversée en six mois », ajoute Franck Mérel, agriculteur à Châteaugiron (35). Ces quatre années laisseront quelques séquelles : « Il faut maintenant recréer un dynamisme pour continuer à construire ensemble avec les partenaires ». Mais de rajouter néanmoins, plus serein : « Un brin d’optimisme renaît aujourd’hui. » La reprise de la collecte s’est réamorcée fin 2014. Et le marché se ressaisit : le volume des fromages achetés par les ménages limite sa baisse à 3 % sur 2014.

Redémarrage en Espagne et aux Pays-Bas

Cette pénurie est en lien avec les importations de lait de chèvre de deux pays européens : les Pays-Bas et l’Espagne. Leur production s’adapte depuis de nombreuses années à celle de la France pour pallier les aléas de la collecte sur l’Hexagone. Peu sollicités pendant la phase d’excédent de production, ils ont subi de nombreux arrêts d’activité. Mais, le redémarrage de la demande française en 2014 a tiré le prix du lait de chèvre vers le haut chez nos principaux fournisseurs : « Il a progressé en moyenne de 17 % en Espagne (cotation de Castilla-y-Léon) et de 18 % aux Pays-Bas sur les 10 derniers mois, impulsant ainsi une forte dynamique de production », observe l’Institut de l’Élevage. L’écart avec le prix français en kg MSU s’est réduit et, pour la première fois, le lait de chèvre néerlandais a été aussi cher que le français au printemps 2014. En 2014, l’augmentation des achats de produits de report dans ces deux pays a permis d’équilibrer les disponibilités des opérateurs. Les enseignements de la crise caprine montrent cependant que ces importations doivent rester maîtrisées. Carole David

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