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Techniques d’insémination porcine

Le sexage de la semence reste en suspens

L’idée de sexer la semence est séduisante. Produire seulement des femelles pour ne pas avoir à castrer les mâles. Ou des mâles pour gagner en performance, avec une détection fiable des odeurs sexuelles.

Même si la méthode de sexage de la semence existe, elle semble encore loin de se répandre dans les élevages. De nombreux porcelets issus de sperme sexé sont déjà nés en Amérique du Nord et en Europe. Par contre, la technique n’est pas applicable à grande échelle. Elle est basée sur le marquage de l’ADN des chromosomes des spermatozoïdes et leur analyse par fluorescence. Comme les spermatozoïdes mâles Y ont environ 5 % d’ADN en moins, ils sont moins fluorescents que les spermatozoïdes femelles X. Le tri se fait grâce à un cytomètre de flux, après lecture de la fluorescence (rayon laser). Les spermatozoïdes X et Y sont séparés par un champ électrique. Les spermatozoïdes sexés sont endommagés ce qui entraîne une forte réduction de la fertilité et de la taille de portées. De plus, le procédé est très long. Il faut une dizaine d’heures pour réaliser une dose sexée à 1 milliard de spermatozoïdes. Le défi est d’améliorer la technique de sexage et de travailler sur la mise en place de petites quantités de spermatozoïdes. Certaines entreprises travaillent sur l’accélération du process.

Dans l'espèce bovine, les semences sexées sont diffusées dans de nombreux élevages conventionnels
Dans l’espèce bovine, les semences sexées sont diffusées dans de nombreux élevages conventionnels.

Spermatozoïdes femelles agglutinés

La recherche se poursuit sur la protection et la conservation des spermatozoïdes. Des méthodes alternatives apparaissent dans les laboratoires de recherche, comme le marquage membranaire ou des techniques d’agglutination des spermatozoïdes, porteurs des mêmes chromosomes sexuels, technique développée en Suède. « Ce sont malheureusement les spermatozoïdes femelles qui s’agglutinent. Les mâles restent libres », indique Sylviane Boulot. Or, la filière rechercherait en priorité à produire des femelles (meilleure alternative à la castration) ; aucune méthode de détection des odeurs sexuelles des mâles n’étant encore fiable à 100 %. Compte tenu de l’enjeu économique, peu de publications existent sur le sujet. Les échéances d’application “terrain” sont difficiles à estimer. La technique ne sortira que lorsqu’elle sera vraiment au point. Dans l’espèce bovine, le sexage intéressait et ne s’appliquait qu’à la sélection des reproducteurs il y a 5 à 6 ans. Aujourd’hui, les semences sexées sont diffusées dans de nombreux élevages conventionnels. Elles ne sont pas encore aussi performantes que les semences classiques et sont souvent réservées aux génisses, plus fécondes. Bernard Laurent

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