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Voyage en Californie laitière

Une croissance annuelle de 6 %

Garry Osmundson est agri-manager. Il s’en revendique ouvertement. Comme il revendique le besoin de faire grandir son élevage.

« Si vous n’avez pas une croissance minimale de 6 % par an, vous ne tenez pas ». C’est ce qu’affirme sans complexe Garry Osmundson. En fait, un raisonnement classique chez l’éleveur laitier type en Californie : Le troupeau moyen comptait 700 vaches il y a 14 ans ; 1 100 aujourd’hui. Avec 2 900 vaches sur 3 sites, cet éleveur est un grand entrepreneur. « J’ai entre autres repris un élevage en faillite qui appartenait à une banque », explique-t-il, en répétant sa confiance dans le modèle intensif. « Je ne crois pas au système néo-zélandais ».

« Toutes les places doivent être occupées »

Sur son exploitation, un maître-mot : optimisation de tous les facteurs de production. « Chaque place à l’auge, chaque place de logette doit être occupée ». Sur le plan du rationnement également, la calculette tourne à fond. Garry Osmundson connaît le coût de sa ration au cent près : « 6,87 $/jour/vache » (4,96 €), répond-il quand on lui pose la question. Soit 155 €/1 000 litres si l’on se réfère à la production moyenne de 32 kg citée par l’éleveur.

Garry Osmundson, éleveur
Garry Osmundson, éleveur.

Au prix où est l’alimentation animale, mieux vaut en effet ne pas se tromper quand on a plusieurs milliers de vaches à nourrir. Le chiffre après la virgule prend rapidement des ampleurs que l’on ne connaît pas en Bretagne. « Chaque matin, je veux savoir le coût alimentaire et le prix du lait ». De même, toutes les génisses qui produisent moins de 25 kg de lait sont immédiatement réformées. Elles ne sont pas suffisamment rentables ».

Toutes les vaches arrivent à l’heure

Sur cet élevage, l’utilisation de la salle de traite de 2 X 20 postes est bien entendu optimisée. Elle tourne 23 heures sur 24 avec des équipes de 4 trayeurs qui se relaient.
« Les vaches réparties en 6 lots sont traites 2 ou 3 fois par jour pour les meilleures», explique Hector Zepeda, responsable de l’élevage, en soulignant que « des pousseurs » sont payés pour conduire les vaches de la stabulation vers la salle de traite. « L’objectif étant qu’il n’y ait pas de temps mort. Les lots doivent arriver à l’heure prévue dans le parc d’attente ». De leur ponctualité dépend d’ailleurs le salaire des employés.

Sur cet élevage, la salle de traite 2 X 20 postes tourne 23 heures sur 24
Sur cet élevage, la salle de traite 2 X 20 postes tourne 23 heures sur 24.

Dans la fosse de la salle de traite aussi, les salariés (mexicains) poursuivent des objectifs chiffrés : « Ils sont payés à la qualité du lait ». Ce qui les conduit à bien préparer les mamelles et à bien les examiner pour détecter un éventuel départ de mammite. Cette politique salariale d’intéressement y est pour quelque chose dans le résultat leucocytes : 125 000 cellules en moyenne. Pas étonnant que ce soient les Californiens qui aient inventé le test CMT…

Plus de 50 kg de lait par jour

Les vaches laitières sont faites pour faire… du lait. Lors de la visite de l’élevage, la moyenne de production du troupeau était de 86,86 livres (39,4 kg). Quant au lot « haut » constitué de vaches en 2e et 3e lactation traites 3 fois par jour, il dépassait allègrement les 50 kg de lait. Parce que Garry Osmundson a été obligé d’acheter des vaches pour remplir son atelier, il a pu comparer la production de vaches hybrides « Procross » du schéma Coopex et d’holstein pures. Résultat pour des animaux conduits dans un même lot « haut » : Les Holstein produisent 124 livres (56,24 kg) ; les croisées 120 livres (54,43 kg).

En mettant ces chiffres sur la table, l’éleveur californien tient à nuancer la moindre production des croisées : « Nous sommes parvenus à descendre le taux de renouvellement à 21 %. L’intervalle vêlage-IA fécondante est de 127 jours sans programme hormonal (coût 10 €/VL quand il est réalisé). Le prix moyen de la réforme était de 1 089 $ sur le dernier exercice (prix moyen de vente y compris les mortes, sachant que l’on soustrait un prix d’équarrissage de 75 $/VL). En moyenne, je me situais à 200 $/VL de produit viande au-dessus du groupe de mon centre de comptabilité ».

Passer de 2,5 à 4 lactations par vache

Garry Osmundson fait partie de ses éleveurs séduits par l’intérêt du croisement entre races. « Quand vos vaches parviennent, du fait d’une meilleure résistance, d’une meilleure fertilité, à faire 4 lactations au lieu de 2,5 , pour un élevage de 1 000 vaches vous diminuez le nombre de génisses de renouvellement de 500 à 200. Faites le calcul ». Inutile d’aider cet éleveur, il le fait très bien.

En optant pour le croisement, cet éleveur mise aussi sur le produit viande pour rentabiliser son outil. « Nous préparons nos veaux pour qu’à l’âge de 4 mois ils rejoignent un élevage de jeunes bovins », explique l’éleveur qui, il y a sept ans, a investi dans un feedlot de 10 000 places avec d’autres entrepreneurs. « Nous avons fait ce choix car le prix de la viande monte depuis plusieurs années et que, les premières années, les engraisseurs ne voulaient pas de veaux bigarrés. Le 1er camion de veaux nous avons dû le donner ! », se rappelle Garry qui, aujourd’hui, ne regrette pas d’avoir mis de l’argent dans cet atelier situé à plusieurs centaines de kilomètres de son élevage laitier : « Les jeunes bovins sont vendus au poids moyen de 672 kg ; les hybrides trois voies parviennent à ce poids un mois plus tôt que les autres ».

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