Chaulage après récolte, est-ce bien nécessaire ?

amendement-recolte-chaulage - Illustration Chaulage après récolte, est-ce bien nécessaire ?

Les amendements calcaires sont souvent apportés après la récolte des céréales. Si cette pratique était justifiée à une époque où les sols bretons étaient majoritairement acides, il n’en est plus de même aujourd’hui.

Avant toute décision d’apport, il convient de faire un diagnostic de l’acidité de vos sols. Le pH eau constitue un bon indicateur, il doit se situer au-dessus de 5,8, sauf pour l’implantation d’une luzerne ou pour les légumes d’industrie où ce seuil est fixé respectivement de 6,2 à 6,5. Au cours de l’année, on observe des variations de la valeur du pH de l’ordre de 0,5 point en moyenne : baisse du pH au printemps et en été (intense activité biologique et nitrification de l’azote ammoniacal) et remontée en automne et hiver. Il est donc préférable de conserver la même période de prélèvement, de préférence à l’automne où cette mesure est plus stable et la plus référencée dans les essais. Une mesure du pH eau des sols tous les 5 ans est indispensable. Tant que le pH eau ne descend pas au-dessous de 6, l’apport d’amendement peut attendre ou pourra être réalisé à une dose plus faible que prévu.

Des risques de carences

Les excès de chaulage sont souvent la première cause d’apparition des carences sévères, en particulier pour les oligo-éléments bore, manganèse, zinc et, à un degré moindre, le cuivre. Ce risque conduit à conseiller de ne pas élever le pH eau des sols au-dessus de 6,5. La carence en manganèse est fréquente en Bretagne, en particulier dans les terres légères (soufflées, aérées). Un pH trop élevé ou un chaulage excessif accentue le risque. La disponibilité du phosphore est la plus élevée pour des pH eau voisins de 6. Le développement du piétin échaudage, champignon du sol qui attaque les racines des céréales à paille est favorisé par les sols alcalins où les équilibres microbiens lui sont plus favorables.

L’évolution des pratiques a amélioré les pH en Bretagne

Malgré la stabilité des apports d’amendements basiques depuis plus de 20 ans, on constate une  augmentation  du pH en Bretagne. L’amélioration de cette situation est en grande partie liée à l’évolution des pratiques agricoles, en particulier un meilleur raisonnement de la fertilisation azotée, la meilleure répartition des déjections animales sur les parcelles, l’introduction des cultures intermédiaires qui ont contribué à réduire le lessivage de l’azote nitrifié, une des causes  de l’acidification des sols. Cette augmentation du pH dans nos sols est donc le signe d’une meilleure gestion de l’azote par les agriculteurs.

Stratégie de chaulage à adapter selon le pH eau

Lorsque le pH eau du sol est inférieur à 5,8, un chaulage de redressement est préconisé. De nombreux essais ont montré que dans ces situations, les produits à action rapide tels que les chaux et calcaires pulvérisés sont les mieux adaptés. Le chaulage d’entretien est destiné à maintenir le pH eau dans sa gamme optimale (pH eau entre 6 et 6,5). Les références locales conduisent à préconiser des apports moyens annuels de 100 à 300 kg CaO/ha. Dans ces situations, les produits d’action lente (carbonates…) sont préférables. Les apports raisonnés d’effluents d’élevage contribuent à limiter l’acidité. Ils se comportent comme des amendements basiques et contribuent à limiter le chaulage d’entretien. Éric Masson/Arvalis-Institut du végétal


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