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« L’activité biologique garantit le rendement »

Au Gaec de la Fresche, à Pipriac (35), le travail du sol a pu évoluer grâce à un amendement régulier, qui aide au maintien de l’activité microbienne dans le sol. Les rendements se sont maintenus.

« Vous, vous avez de la bonne terre », donne à entendre le voisinage de Béatrice, Caroline et Dominique de Rengervé, les 3 associés du Gaec du Fresche à Pipriac (35). Et pourtant, ce n’est pas leur propre analyse : avec un sol limono-argileux sur 85 ha, ils prêtent une attention particulière à la structure du sol car la terre n’est pas facile à travailler. Mais peut-être est-ce la pousse continue de l’herbe, même en période sèche, grâce à l’utilisation de mélanges de graminées, qui donne cette illusion…

Le labour moins utilisé grâce à l’amendement

« À l’automne 2013, la ½ des surfaces destinées aux céréales n’a pas été labourée. Mais au-delà du 25 octobre, après un passage pluvieux, ça collait trop. On ne pouvait plus travailler dans les mêmes conditions », se remémorent les éleveurs. Depuis 15 ans, le labour est ainsi moins fréquent sur l’exploitation sauf après prairie, pour implanter du maïs ou quand la terre devient trop mouillée. De nombreux déchaumages sont donc réalisés favorisant des faux-semis, pour éviter le salissement des parcelles et pour lutter contre les limaces.

Mais si cette pratique est possible c’est surtout grâce à l’amendement régulier réalisé sur les terres. Deux fois par an, à raison de 100 kg/ha au démarrage ou 80 kg/ha en entretien, les parcelles reçoivent de l’engrais TMS de TMCE, pour un coût de 80 €/ha/an. « Avec cette façon de faire, on a remarqué que la terre se ressuyait plus vite et se préparait mieux. On pouvait entrer dans les parcelles plus rapidement ». Une reprise de foncier il y a 6 ans a confirmé ces observations. « On a voulu se passer de labour la première année mais la terre lourde s’est colmatée et a bloqué la levée. Les rendements se sont avérés inférieurs. Après 5 années d’entretien, on perçoit une nette amélioration. »

Une microflore efficace

Certes les teneurs en oligo-éléments sont plus stables et homogènes au fur et à mesure des années. Les analyses le prouvent. « Le pH s’est redressé d’un demi-point », calcule Béatrice de Rengervé (voir tableau). Mais son frère Dominique préfère quant à lui l’observation des cultures pour analyser l’évolution de ses pratiques. Il prend ainsi régulièrement la bêche pour décrypter la croissance des plantes et comprendre l’évolution des racines.

En entretenant le sol, « la matière organique s’est améliorée. Les mottes se cassent vite. La terre est vivante, ne sent pas, les vers de terres et leurs galeries sont bien visibles », résume-t-il. Et de poursuivre : « En plus de la structure du sol, l’activité biologique de mes terres garantit le maintien des rendements ». « Dans les prairies, on pourrait peut-être amender une année sur deux », réfléchit-il. Mais sans apport azoté ni carbonate depuis 10 ans, il préfère sécuriser l’entretien de ses pâtures. Sur céréales, l’apport régulier de l’amendement a permis de limiter l’épandage d’azote minéral, tout en maintenant les mêmes rendements à 80q/ha en céréales et 13 t MS/ha en maïs ensilage.

Autre atout souligné par l’agriculteur : « La terre étant plus souple, au moment de l’ensilage, on se fait moins secouer dans les champs. Cela nous permet de rouler plus vite. » Un acquis qu’il veille à conserver, en limitant le nombre de passage dans les champs et en ne travaillant jamais la terre quand elle est mouillée. Carole David

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