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Les éleveurs s’engagent dans la bataille énergétique

Les éleveurs de porcs sont engagés dans la production et les économies d’énergie. Ils ont tenu à le faire savoir lors de la semaine du développement durable.

C’est chez Pauline Guillouzic, installée en 2013 à Bignan (56), que l’UGPVB (Union des groupements) a voulu montrer que la profession porcine est engagée dans le défi énergétique breton, aux côtés de l’Ademe, du Conseil régional et de l’administration, avec l’appui de l’Ifip ou des Chambres d’agriculture. Le lieu s’y prêtait. L’éleveuse a créé un atelier de 615 places de post-sevrage et de 1 200 places d’engraissement, à proximité de l’élevage du même type de son mari (voir Paysan Breton du 10 mai 2013). Tous deux adhèrent à une maternité collective pour l’approvisionnement en porcelets. Les deux exploitations, distinctes au niveau juridique, comptent respectivement 27 et 85 hectares qui produisent les céréales utilisées pour la fabrication de l’aliment.

Équipements économes

« Mon parcours antérieur à l’installation m’a sensibilisé au domaine de l’énergie », raconte Pauline. « Au départ, je souhaitais construire une unité de méthanisation à proximité de l’élevage mais la valorisation de la chaleur co-générée était impossible ». A défaut de produire de l’énergie, elle a opté pour des équipements permettant de l’économiser. « Le fait de construire son élevage donne une bonne latitude de choix ». La partie post-sevrage est équipée de niches intelligentes Vengsystem (chauffage localisé) qui permettent de réaliser des économies d’énergie sur l’atelier le plus énergivore des élevages de porcs.

Les niches sont équipées de capteurs infrarouges, de lampes de 150 W et d’un relevage motorisé. Les porcelets s’y regroupent pour dormir. La salle est à seulement 20°C. Le ventilateur triphasé est géré par des variateurs de fréquence et permet aussi de réaliser des gains d’énergie. La partie engraissement est en ventilation statique. Les façades des deux bâtiments sont équipées de rideaux dont l’ouverture et la fermeture sont régulées par les consignes de température. Un petit ventilateur assure un débit minimum de 10 m3/h pour les jours les plus froids. La luminosité naturelle permet de réduire l’éclairage artificiel. Ces systèmes permettent de réaliser plus de 85 % d’économie d’énergie par rapport à un système d’élevage classique. Les résultats techniques suivent, du moins en PS, avec des croissances de 550 grammes de GMQ (gain moyen quotidien) sur 5 bandes. Le fonctionnement de la partie engraissement n’est pas encore optimal. Une question de maîtrise du bâtiment, selon l’éleveuse.

Compostage des déjections solides

Le bâtiment est équipé d’un système de raclage en « V » des déjections (séparation des phases solide et liquide). La partie raclée est transformée en compost, sous hangar, en bout de bâtiment, après mélange avec un peu de paille. L’eau de pluie est récupérée et suffit au lavage des bâtiments. La partie PS revient à 238 €/place ; l’engraissement à 407 €/place. Les éleveurs ont reçu une aide de 20 000 €, via le Plan de performance énergétique (PEE) abondé par l’Etat et la Région. Une aide qui a constitué un petit plus, selon l’éleveuse, dans la décision d’investir dans des équipements économes en énergie. Bernard Laurent

Philippe Bizien, vice-président de l’UGPVB

Les groupements de producteurs accompagnent les éleveurs en amont de leurs projets pour les sensibiliser aux économies et aux possibilités de production. Les équipes de techniciens bâtiment-énergie de nos groupements consacrent aujourd’hui au moins 10 % de leur temps à cette thématique. Plus de 20 GWh par an sont économisés grâce aux investissements réalisés par les éleveurs de porcs depuis 2009 dans le cadre du PPE, soit 20 % de la consommation d’une ville comme Rennes. Et tous les investissements n’ont pas été aidés dans ce plan de performance énergétique… 2 300 éleveurs de porcs et salariés des coopératives du réseau de l’UGPVB sont engagés dans le dispositif Écowatt qui permet de baisser la consommation d’énergie en période de grand froid. 23 unités de méthanisation à la ferme sont en service à début 2014. 60 % d’entre elles sont en lien avec des élevages de porcs. Nous avons enfin initié un projet de responsabilité sociétale (ID2) piloté par le Comité régional porcin dont le plan d’action et les indicateurs sont en cours d’élaboration.

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