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Tester le désherbage mécanique dans le maïs

Pour anticiper sur l’évolution des réglementations, Bruno Le Floch, de Pommerit-Le-Vicomte (22), a introduit le désherbage mécanique dans l’itinéraire technique du maïs.

Depuis son engagement dans une MAE phyto en 2009, Bruno Le Floch, du Gaec de Nevezadur à Pommerit-le-Vicomte suit de près l’évolution de son indice de fréquence de traitement (IFT). Pour atteindre ses objectifs de réduction de l’IFT, il a remis en cause ses pratiques et son système, qu’il améliore d’année en année. « Le confort est une fausse sécurité », explique-t-il. « Je préfère prendre des risques par rapport au désherbage, tout en acquérant de l’expérience sur plusieurs années, et anticiper les exigences à venir ». Il est ainsi passé d’un IFT global de 0,61 en 2008 à 0,32 en 2013, en réduisant l’IFT herbicide de 0,44 à 0,32.

Rotation et implantation

Dès 2009, l’introduction de mélange céréalier et de luzerne dans la rotation sur les parcelles les plus éloignées a permis d’améliorer l’autonomie fourragère, d’allonger la rotation et de limiter les interventions sur les cultures. La monoculture du maïs s’est alors retrouvée moins fréquente. Cette culture succède ainsi maintenant à des pâtures, ce qui permet de limiter la pression des adventices et les interventions de désherbage chimique. « Je sème volontairement assez tard et profond », précise l’agriculteur. En effet, « pour un bon départ, j’attends que la terre se réchauffe ». Car durant cette phase, c’est une course qui se joue entre maïs et adventices, pour la couverture de l’inter rang, où le maïs- doit gagner.

Opti’maïs, un outil d’aide à la décision

L’éleveur a rejoint en 2011 le programme proposé par le Smega sur le bassin versant du Leff. L’action consistait à faire évoluer ses pratiques de désherbage avec un accompagnement individuel, assuré par le Gab d’Armor. Cette action a séduit l’agriculteur. « Avec l’outil Opti-maïs, développé par les Gab, j’avais accès à des références et je n’étais plus seul pour évaluer la pression des adventices », confie-t-il. « En parcourant avec le technicien l’ensemble de la parcelle à la levée du maïs, j’analyse au mieux la situation et repère ce qui est supportable pour la culture ou pas ». En effet, l’outil est basé sur le seuil d’acceptabilité de salissure de la parcelle et l’objectif du programme est d’aller le plus loin possible en mécanique. L’an dernier, deux passages de houe rotative ont été effectués avant la levée et au stade 3-4 feuilles du maïs. Avec du chénopode et de la véronique, un traitement chimique s’est avéré nécessaire à 5-6 feuilles du maïs ; les conditions météorologiques ne permettaient pas d’assurer une bonne efficacité d’un binage. « En ayant décalé la date du traitement, je n’ai pas eu besoin de rattrapage ».

Intervenir en fonction du stade de l’adventice

« Ce qui est important, c’est d’axer son regard sur le stade de l’adventice plus que celui du maïs », ajoute Bruno Le Floch. De par son enracinement, il est difficile d’avoir avec la houe rotative une adventice à deux feuilles et plus. Dans ces cas-là, il décroche en chimique, avec des doses réduites. Carole David

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