Élevage

Optitraite, un outil pour échanger

A l’EARL Legros, à Saint-Trimoël (22), un bilan annuel de l’installation de traite avec le contrôle Optitraite® permet d’anticiper l’arrivée de problèmes de qualité du lait.

« Y a-t-il des problèmes par rapport à la qualité du lait ? ». C’est une des premières questions que demande Sébastien Le Merrer, technicien traite et qualité du lait à BCELOuest, lors de son rendez-vous annuel Optitraite®. « Car en cas de mauvais réglage, les animaux nous le font savoir immédiatement », poursuit-il.
« Côté taux cellulaire, je suis en moyenne à 180 000 cellules/ml. On a du mal à abaisser ce seuil. En ce moment, il vient d’augmenter mais j’ai décelé les deux animaux responsables », répond Alexis Legros, un des trois associés de l’EARL Legros, à Saint-Trimoël (22).

En effet, deux mammites persistent actuellement dans le troupeau de 52 vaches laitières. De plus, le cheptel possède de bonne productrices, âgées, que l’agriculteur a du mal à réformer. De par ces choix, c’est un critère très suivi par le producteur avec son conseiller. Valo’Vache, Valo’Troupeau, historique leucocytes, bilan mammites… Les documents sont prêts : le conseiller d’élevage a préparé tous les documents liés à la qualité du lait pour ce rendez-vous important. « Cette vérification annuelle est un moyen de suivre ce problème de cellule et encore mieux, de l’anticiper en vérifiant le bon état du matériel », avoue l’éleveur, installé depuis dix ans avec ses parents.

Intervenir en préventif

Contrôle de la pulsation, niveau de vide, programme de lavage, entretien de la pompe à vide… Selon le technicien, lors de ces visites, on travaille surtout sur des actions préventives. Avec un matériel de plus en plus fiable et un suivi régulier, l’audit se déroule souvent avant l’apparition de problèmes. Et c’est ce que recherche l’agriculteur. « J’apprécie ce contrôle Optitraite®. S’il est bien fait, c’est un suivi pour pouvoir bien travailler sur du long terme ». Le conseil apporté lors de ce diagnostic permet d’obtenir un rappel des pièces à changer avec des délais ou des astuces pour limiter les coûts d’entretien. « Au lieu de changer certains kits, il suffit de nettoyer une pièce comme les filtres par exemple ». Et il se remémore les différentes modifications qui ont suivi les audits Optitraite® antérieurs.

« Une année, c’était mon chauffe-eau qui était défectueux », se souvient-il. « Je ne vérifie jamais la température de l’eau qui doit être de 65°C minimum au début de lavage ». Les taux de cellules et de germes avaient flambé. Le contrôleur en a décelé la cause tout de suite en voyant les bols des griffes devenus opaques en quelques semaines. Une autre fois, il a conseillé de changer la sonde du décrochage automatique. « Le voyant de traite restant tout le temps allumé, j’avais instauré une pratique de surtraite ».

Adapter ses pratiques

C’est aussi l’occasion de parler des pratiques et d’organisation de travail. Par exemple, « le régulateur est un véritable aspirateur à poussières », note le conseiller. Aussi, il est déconseillé de pailler durant la traite ou la phase de lavage. En cas d’encrassement de ce régulateur, le niveau de vide peut varier. Pour suivre cela, des outils existent. « Le manomètre est un bon repère visuel. Théoriquement, tous les éleveurs devraient vérifier qu’il est bien réglé avant de démarrer chaque traite », avise Sébastien Le Merrer. Un réflexe qui n’est pas toujours acquis selon lui. C’est aussi l’occasion pour l’éleveur de déléguer certaines tâches au contrôleur, une fois par an, comme l’entretien des courroies de la pompe à vide. « On n’y a pas directement accès, ou plutôt on ne prend pas le temps d’ôter la protection pour aller vérifier la tension et l’usure des courroies », reconnaît Alexis Legros.

Désinfection automatique des manchons
Cette rencontre annuelle est un moment privilégié auquel ne déroge pas l’agriculteur tous les 12 mois pour échanger autour d’un thème qu’il a à cœur : la situation cellulaire. Ne pratiquant pas systématiquement les premiers jets, en recherche de sécurité, Alexis Legros a fait installer un système de pulvérisation fixe pour limiter les nouvelles infections en salle de traite. Une solution d’acide peracétique et de péroxyde d’hydrogène est alors aspergée sur les manchons après la traite de chaque vache, pour ¼ d’heure de travail supplémentaire par traite. «Du temps nécessaire à passer, pour un travail efficace, car les mammites, c’est usant et ça coûte», insiste l’éleveur… Il y a quelques semaines, des mammites sont apparues. Aussi, depuis un mois, il a encore amélioré ce système de lavage en désinfectant l’extérieur du manchon.
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