Élevage

Chasser les «Staph» dorés avant de passer en robot

Il est fortement recommandé d’éviter d’engager un cheptel aux animaux contaminés par Staphylococcus aureus en traite automatisée. Si besoin, en amont, un travail avec ses conseillers doit permettre d’assainir la situation.

Avant de basculer en traite automatisée, Mathilde Chauvat, chef Projet qualité du lait chez Seenovia, insiste sur « l’importance capitale » de disposer d’un troupeau présentant une bonne santé mammaire. Ainsi, elle recommande fortement de mener une analyse bactériologique approfondie du lait (l’outil Bactériodétect proposé par son entreprise est par exemple une solution simple et adaptée) et de faire le point avec son vétérinaire et un expert qualité du lait afin d’adapter la conduite pour accélérer l’assainissement du troupeau et de façon pérenne. « S’assurer notamment de l’absence de Staphylococcus aureus est une précaution primordiale.  »

La bactérie aime faire le coup de la panne

Cette bactérie étant extrêmement contagieuse à la traite, le risque de contamination croisée augmente fortement quand tout le troupeau est trait avec le faisceau unique du robot. « Bien sûr, des systèmes efficaces de désinfection entre chaque animal existent, mais personne n’est à l’abri d’un dysfonctionnement. Une journée de panne du dispositif peut potentiellement suffire pour que 15 vaches soient infectées, et ce, d’autant plus que les manchons sont usés au moment de l’incident. À la clé, la menace d’une explosion des problèmes. » Plus globalement, outre cet agent pathogène à redouter en priorité, la spécialiste explique que toute panne est susceptible d’ouvrir à de multiples contaminations qui seront plus ou moins faciles à gérer et guérir selon les bactéries concernées.   

Identifier les quartiers contaminés

Si la présence du Staphylocoque doré est avérée, la spécialiste insiste alors sur l’importance d’identifier les vaches contaminées pour mener la lutte contre la bactérie en amont du démarrage des automates. « Typiquement, ce sont des animaux dont les résultats de comptage cellulaire sont en dents de scie. Pour chacun d’eux, la réalisation d’un CMT pour California mastitis test, également connu sous le nom de test au plateau, test au Teepol ou Leucocytest, permettra de savoir quel est le quartier incriminé. » Ensuite, une analyse bactériologique classique (et moins coûteuse) à la clinique vétérinaire ou au laboratoire confirmera la présence effective de cet agent pathogène redouté. « Quand la contamination semble très récente, le praticien proposera certainement un traitement. Mais si l’animal est infecté depuis plusieurs mois, l’assèchement du quartier risque d’être privilégié car le taux de guérison, aussi bien en lactation qu’au tarissement, est faible. Dans certains cas, la prudence mènera à la décision de réformer pour se lancer avec un cheptel sain. »

Des gants au profit des vaches et des éleveurs

Mathilde Chauvat rappelle également qu’il est « indispensable » de porter des gants jetables, dès lors que l’on touche les trayons, aussi bien à la traite que pour réaliser un soin, en présence de cette bactérie ultra-contagieuse. « Cette précaution n’est pas négociable. D’ailleurs, les gants ne protègent pas seulement les autres animaux de la contamination mais aussi les éleveurs qui contractent parfois des infections à Staphylocoque graves. »  

Mots-clés

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer