En moyenne et selon une étude menée par la Chambre d’agriculture en 2021 sur des exploitations spécialisées en bovin lait, la consommation annuelle d’eau « s’élève à 3 300 m3. 83 % de cette eau sert à l’abreuvement (2 800 m3), le reste est consommé pour les opérations de lavage », chiffre Guylaine Trou, chargée d’études et de conseil alimentation santé conduite en production laitière. Lors d’une intervention au Space, la spécialiste a porté l’attention sur l’intérêt de mesurer ses consommations d’eau et sur les pistes à ouvrir pour des pratiques économes. Dans cette étude, le nombre moyen de vaches dans le troupeau était de 87 bêtes produisant 7 400 L de lait par an. Près de 80 % de ces élevages sont en salle de traite classique, les 20 % restants sont robotisés.
Regarder la saisonnalité de consommation
Au-delà d’un chiffre de consommation annuelle, Guylaine Trou rappelle qu’il est primordial de connaître ses consommations mensuelles. « C’est important d’avoir un historique de consommation pour savoir quels sont les besoins pendant les différentes saisons ». En prenant en exemple une ferme suivie durant plusieurs années, on remarque forcément un pic en période estivale et une consommation plus modérée en hiver. « Quand la température extérieure s’élève, la consommation en eau des vaches est exponentielle : elle peut rapidement passer de 50 à 150 L ». Sur cet élevage, l’effet de la canicule s’est immédiatement traduit par une hausse de la consommation d’eau : elle était de 12 m3/ jour en 2024, et est montée à 25 m3/ jour l’été dernier.
Une moyenne de 3 300 m3/ an en bovin lait
Parmi les pistes abordées pour économiser cette eau précieuse, la conseillère soumet des idées simples, comme chasser les fuites avec « des débitmètres installés en début et en fin de réseau, en observant son compteur d’eau quand il n’y a pas de d’utilisation », en trempant les quais de traite avant l’arrivée des vaches, en privilégiant le raclage de l’aire d’attente, en utilisant du matériel de lavage à haute pression. Ainsi, « on peut de façon journalière passer de 300 à 90 L de consommation ». Autre levier évoqué, celui de la récupération des eaux de pluie, réalisée sur des toitures non amiantées. Le potentiel de récupération peut avoisiner les 1 000 m3 par an. Selon l’enquête de 2021, les exploitations bretilliennes utilisent en très grande majorité des forages (97 %), 7 % récupèrent les eaux pluviales.
Fanch Paranthoën
Tensions sur le réseau
Dans une autre enquête en ligne effectuée sur 8 régions de France (projet Vesseau), un tiers des répondants (468 au total) dit avoir parfois ou régulièrement des tensions sur leur ressource en eau. Alors que 78 % des fermes françaises sont raccordées au réseau, les exploitations bretonnes se distinguent par un recours très majoritaire aux forages. Enfin, 80 % des Bretons font analyser leur eau tous les ans, contre 26 % à l’échelle nationale.

