Les frères Guines élèvent 105 vaches sur 130 hectares. Quatre hectares sont consacrés à la production de maïs et le reste est enherbé. L’herbe est pâturée, ensilée ou récoltée en vert et distribuée à l’auge. L’eau provient d’un forage réalisé en 2007 à 80 mètres de profondeur, avec un débit de 20 m3 par heure. Les eaux blanches sont recyclées pour le lavage des quais et l’eau du prérefroidisseur est utilisée pour l’abreuvement. Le réseau d’eau potable peut être utilisé en cas de panne. L’eau du forage est analysée une fois par an et un compteur permet de connaître la consommation globale. En hiver 2024-2025, les éleveurs avaient déjà effectué quelques mesures sur la ferme : 2 m3 quotidiens pour le lavage du quai de traite, des griffes et du lactoduc. Le lavage du tracteur, utilisé quotidiennement pour repousser les fumiers, nécessitait 300 L/j au jet. À la pompe à haute pression, la consommation est passée à 90 litres. L’abreuvement des vaches taries en période hivernale avait également été étudié : 45 litres par vache et par jour avec une alimentation composée de 5 kg d’herbe fraîche et 10 kg de foin. Avec une alimentation exclusivement au pâturage, elles consommaient chacune 6 litres par jour (mesures effectuées sur une semaine avec 40 mm de pluviométrie).
Plus d’accessibilité à l’eau
Récemment, les éleveurs ont voulu aller plus loin et ont réalisé un diagnostic de la consommation avec leur vétérinaire. « Nous avons revu les conditions d’accessibilité à l’eau, en bâtiment et au pâturage », indiquait Jean-Philippe Guines, lors d’une intervention au Space. Des abreuvoirs supplémentaires ont été ajoutés en bâtiment et, désormais, deux points d’eau sont installés au champ, à 100 mètres de l’entrée, en milieu de paddocks, sous les fils de séparation (un seul à l’entrée auparavant). « Nous sommes également plus vigilants sur leur nettoyage ». L’accessibilité en bâtiment est désormais de 10, 5 cm par vache, en hiver.
Jusqu’à 23 m3 par jour cet été
Cet été, ils ont relevé la consommation de l’élevage qui est montée à 23 m3 au mois d’août. Elle était à 12 m3 (proche des moyennes) au même mois de l’année 2024. « Il y a un effet stade de lactation et du taux de matière sèche des fourrages, mais ce sont les températures qui expliquent cette différence ». Pour s’adapter aux canicules, les éleveurs ont pratiqué la monotraite pendant quatre jours en juin. À noter que la monotraite est la règle au mois de décembre avant l’arrêt total en janvier et les vêlages groupés en février-mars.
Bernard Laurent
Récupération d’eau des toitures
« Comme cinq autres agriculteurs de la commune, nous avons bénéficié d’une aide de la municipalité pour installer une poche faisant office de réserve incendie. Elle est remplie grâce au forage. En parallèle, nous avons installé une cuve de 5 000 litres pour récupérer les eaux de gouttières (220 m2 de toiture, soit 120 m3/an). Cette eau nous permettra de laver, à la pompe haute pression, tout notre matériel et une partie du bâtiment ».

