Valoriser tous les veaux nés sur la ferme

Au Gaec du Coadic, à Arzano (29), jeunes bovins et génisses issus de croisements viande sont tous engraissés principalement avec les aliments de l’exploitation.

bovins mâles croisés à l'auge dans un bâtiment d'élevage - Illustration Valoriser tous les veaux nés sur la ferme
Mâles croisés issus du troupeau laitier à l'engraissement.

En dehors des quelque 90 génisses conservées chaque année pour le renouvellement du troupeau laitier, environ 80 animaux croisés sont engraissés sur l’exploitation, ont détaillé les conseillers viande bovine de la Chambre d’agriculture lors de la porte ouverte Innov’Action, en juin dernier. L’objectif est clair : valoriser tous les veaux nés sur la ferme, mais aussi les fourrages, les céréales et les bâtiments disponibles.

Jusqu’à 3 mois, les veaux reçoivent 5 à 6 L de lait par jour, composé en moyenne de 60 % de poudre et de 40 % de lait de vaches fraîchement vêlées, directement acheminé depuis l’un des quatre robots. Un mash fermier, distribué à volonté, associe 70 % de concentrés – maïs, soja, orge, coques de soja et mélasse – et 30 % de paille. De 3 à 8 mois, la ration comprend 60 % de fourrages, principalement de l’ensilage de maïs complété par du foin et de la paille, et 40 % de concentrés.

Deux conduites après 9 mois

À partir de 8 à 9 mois, les parcours divergent. Les mâles restent en bâtiment jusqu’à leur départ, vers 20 mois. Les génisses gagnent les prairies permanentes, peu adaptées aux cultures. Elles sont rentrées l’hiver, sans être poussées, puis reviennent en bâtiment pour deux mois de finition, entre 28 et 30 mois. La ration de finition, commune aux deux catégories, se compose de 70 % de fourrages – essentiellement de l’ensilage de maïs – et de 30 % de soja et d’orge.

En 2025, 48 jeunes bovins ont été vendus à 20 mois, à 436 kg de carcasse en moyenne. La majorité était classée R et 70 % présentaient une note d’engraissement de 3, pour une production de 21 t de viande. Une petite trentaine de génisses, vendues vers 30 mois à 350 kg de carcasse, a fourni près de 10 t supplémentaires. La plupart étaient classées R= et plus de 90 % ont obtenu la note 3. Les prix moyens ont atteint 6,25 €/kg de carcasse pour les premiers et 6 € pour les secondes.

Marge de 1 600 €/JB et 1 100 €/génisse

La croissance atteint 1 200 g/j pour les jeunes bovins et 660 g/j pour les génisses. Ces dernières consomment moins de concentrés : 865 kg, contre 1 120 kg pour un jeune bovin. Avec un coût alimentaire de 601 € par tête, la marge sur coût alimentaire s’établit respectivement à 1 780 € et 1 207 €. Après prise en compte des autres frais, la marge brute ressort à environ 1 600 € par jeune bovin et 1 100 € par génisse.

Didier Le Du

Finir les réformes, sous conditions

70 % des vaches de réforme sont finies durant deux mois au maximum. En 2025, 54 vaches ont été vendues à 330 kg de carcasse en moyenne, au prix de 5,72 € kg. Le gain est estimé entre 40 et 100 € par animal, selon le prix auquel la vache maigre aurait pu être vendue. Cette pratique reste intéressante car les bâtiments et les aliments sont déjà disponibles sur la ferme, sans surcroît important de travail. Le calcul exclut en effet les charges de structure et la main-d’œuvre.


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