Sur le climat, la bio avance ses pions

« Les fermes bio sont créatrices de solutions face au changement climatique », soulignent les organisateurs de La Terre est Notre Métier. Conférences, échanges, démonstrations sont au programme du salon biennal.

Des personnes debout dans un champ - Illustration Sur le climat, la bio avance ses pions
Le programme du salon bio a été présenté sur la Ferme La Touche du Val. | © Paysan Breton

Le changement climatique sera au cœur de l’édition 2026 du salon bio La Terre est Notre Métier, les 23 et 24 septembre à Retiers (35). Un thème d’actualité au vu des canicules et de la sécheresse estivale. « L’agriculture biologique peut permettre son atténuation et répond aux transitions souhaitées par la société. Cet été a été éprouvant, mais des solutions existent dans nos pratiques agronomiques pour s’adapter plus facilement », a précisé Fabien Tigeot, éleveur en bovins viande à Bohal (56) et président de la Frab, lors de la conférence de présentation du salon bio, le 10 septembre sur la Ferme La Touche du Val à Noyal-sur-Vilaine (35).

« Rotations, couverts végétaux, arbres, fertilisation organique, biodiversité… Notre approche système nous permet davantage de robustesse face aux crises », ajoute Denis Defin, éleveur laitier à Bréhand (22) et administrateur Frab. « Mais la bio a aussi souffert des températures extrêmes et de la sécheresse. Nous avons l’impression de ne pas être entendus par nos collègues et par les élus. C’est une double peine. »

Grande fatigue sur les fermes

En 2100, un réchauffement de 2,9°C est attendu en Bretagne. En 2026, il est déjà de 1,1°C. « Les sécheresses estivales et les pluies hivernales vont s’amplifier », souligne Julie Le Flour, chargée de mission environnement à la Frab. « En juin et juillet dernier, nous avons réalisé une enquête à laquelle ont répondu plus de 400 fermes bio bretonnes. La moitié jugent les conséquences de cet été comme importantes ou très importantes. 9 agriculteurs sur 10 décrivent une fatigue inhabituelle et près de la moitié se disent très fatigués ou proches de l’épuisement. »

« Prioriser l’utilisation de l’eau »

« Au niveau fourrages, le plus compliqué va être de passer l’hiver. Les effets de l’été vont se répercuter dans les mois à venir », déclarent les responsables. Malgré tout, « nous souhaitons continuer à avancer sur l’adaptation, à innover au travers de solutions basées sur l’observation et l’agronomie. » Par rapport au stockage de l’eau, « nous ne sommes pas contre de petites retenues. C’est davantage la question du partage et de la priorisation de la ressource qui nous préoccupe. L’irrigation ne sera pas possible partout. »

Agnès Cussonneau

« Se retrouver pour échanger »

Lors du salon, des conférences telles que ‘Produire sous + 4°C’ avec Serge Zaka ou sur les canicules en maraîchage vont permettre d’apporter des pistes, tout comme le pôle ‘Climat, eau et biodiversité’. Des démonstrations porteront sur l’irrigation en maraîchage. Des sujets tels que l’installation, les filières, la place des femmes, la biodiversité… seront aussi abordés lors de l’évènement. Plus de 8 000 visiteurs sont attendus aux côtés d’une centaine d’exposants. 4 ha sont réservés aux démonstrations. Plus d’informations sur www.salonbio.fr.


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