Le maïs fait flamber les cours

Entre disponibilités réduites, importations compliquées et tensions en mer Noire, les cours du maïs et du blé atteignent des niveaux élevés en ce début de campagne.

champ de maïs qui souffre de la sécheresse - Illustration Le maïs fait flamber les cours
Cette année, en France, la production a chuté de moitié par rapport à la moyenne des cinq dernières années. | © Paysan Breton

Le prix des céréales sur le marché européen a fortement augmenté ces dernières semaines. Le blé a dépassé 240 €/t en août, soit une hausse de 21 % par rapport à juin. Les cotations du maïs ont, quant à elles, progressé de 32 % entre juin et septembre 2026, jusqu’à tutoyer les 300 €/t. La nouvelle campagne débute donc avec des niveaux de prix sensiblement supérieurs à ceux de l’année dernière où le blé s’établissait à 195 €/t et le maïs à 190 €/t. « D’habitude, la récolte fait pression sur les cours, mais ce n’est pas le cas cette année en raison de la sécheresse, d’une incertitude sur la production de maïs américaine, ainsi que des tensions géopolitiques et logistiques », affirme Léa Dulon, ingénieure d’études à l’Ifip.

Un déficit de maïs

La sécheresse qui a sévi en France cet été a fortement pénalisé la production de maïs. « Les prévisions d’estimation de récolte sont alarmistes », observe l’ingénieure. « La récolte de maïs grain est estimée à 9 millions de tonnes, soit une baisse de 35 % en un an. Cela correspond au plus faible niveau de production depuis les années 1980. »

La prochaine campagne s’annonce tendue

Certaines parcelles de maïs grain ont par ailleurs été ensilées faute de rendement suffisant, réduisant encore les disponibilités pour les élevages. « La prochaine campagne s’annonce tendue pour le maïs », ajoute-t-elle. « Le marché du maïs a atteint 300 €/t. Le blé suit lui-aussi l’évolution du maïs, malgré une récolte plutôt correcte. »

Des importations difficiles

Déjà déficitaire en maïs, l’Union européenne voit sa situation se tendre davantage, avec une production en baisse de 14 % par rapport à la campagne précédente. Cette diminution est principalement portée par la France, où la récolte recule de près de 34 % entre les campagnes 2025-2026 et 2026-2027. Pour rééquilibrer son bilan, l’UE devra augmenter ses importations. « Seulement, les conditions d’importation du maïs sont compliquées, notamment en raison de la situation logistique en mer Noire », explique Léa Dulon. Les perturbations dans les zones portuaires limitent en effet les exportations russes et ukrainiennes. Au cours des trois premières semaines d’août, l’Ukraine a par exemple exporté 500 000 tonnes de céréales, contre environ 2 millions de tonnes habituellement.

Alexis Jamet

Des incertitudes climatiques

« Le phénomène climatique El Niño devrait atteindre une intensité inédite pendant la prochaine campagne », déclare Léa Dulon. « Ses effets se répercuteront sur certaines cultures asiatiques et sur le soja brésilien. Un impact non négligeable sur les prix pourrait donc être observé au premier semestre 2027. »


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