Localisées, les pluies d’orage se sont abattues cette semaine sur les champs qui patientent encore d’être implantés en colza. Hors de question de semer dans le sec. « Tout dépend de l’endroit où l’on se situe en Bretagne. Sur le secteur de Brest (29), certains producteurs ont pu déclencher leurs semis », observe Aurélien Gouot, conseiller en agronomie et référent colza à la Chambre d’agriculture. En cette fin de mois, « nous sommes encore dans le créneau des dates de semis », rassure-t-il.
Il faudra surveiller les attaques d’altises
L’été sec n’a pas permis aux repousses des précédents de germer. C’est pourquoi il faut s’attendre cette année à gérer des repousses de céréales au niveau désherbage. Concernant les ravageurs, le fait de décaler les implantations augmente les risques d’attaques de ravageurs comme les altises. « À partir du stade 4 feuilles, le colza est capable d’encaisser les dégâts causés par ces insectes. Plus la culture est semée tôt, plus tôt elle atteindra ce stade ». Mais ce mois sec a obligé à laisser les semences dans les sacs. Il faudra donc surveiller ses cultures contre ces altises, car en moyenne et selon les relevés du Bulletin de santé du végétal (BSV), « le pic de vol se situe entre le 15 et le 20 septembre », soit à une date où pour cette campagne les colzas seront encore très vulnérables.
Somme et répartition des précipitations
Le site de prévision de probabilité de pluie sur les prochains jours (Aléa Pluie) est un outil « à l’échelle nationale, mais qui peut apporter une aide dans la prise de décision », note le conseiller. Quand une fourchette entre 10 à 30 mm est atteinte, le semis peut être déclenché. « L’idée est que les premiers centimètres de terre soient humidifiés. Mais attention : on peut avoir un cumul de 10 mm, mais répartis sur une longue période », ce qui n’humidifie pas forcément le sol. En année classique, un labour permet de remettre de la fraîcheur en surface, « ce n’est pas le cas cette année ». Enfin, concernant la préparation du lit de semence, Aurélien Gouot rappelle qu’un travail du sol profond aura tendance à remonter des mottes. Un travail superficiel est nécessaire pour « avoir un bon contact sol-graine ». Les graines de colza germent rapidement si l’humidité est présente, mais « attention, si le temps reste sec en septembre, il n’y aura pas de miracle pour les cultures ».
Fanch Paranthoën
Les limaces au régime sec, mais vigilance
La sécheresse a forcément perturbé les limaces. « Elles ont souffert, il n’y pas eu d’activité. On peut s’attendre à moins de présence dans les colzas. Cependant, il peut aussi y avoir des cycles rapides, on peut être surpris ». La vigilance est donc toujours de rigueur contre ce ravageur.

