Quelles sont les alternatives à la paille en litière si on redirige la paille vers l’alimentation des bovins ?

Les deux épisodes caniculaires ont contraint à l’affouragement avant le début de l’été, piochant ainsi dans les stocks réalisés pour l’hiver prochain. 

un tas de plaquette de bois dans un bâtiment - Illustration Quelles sont les alternatives à la paille en litière si on redirige la paille vers l’alimentation des bovins ?
1.5 kg de plaquette de bois a un pouvoir absorbant équivalent à 1 kg de paille de blé

Rediriger la paille pour l’alimentation des bovins afin de pallier le déficit fourrager qui se profile.

Optimiser

Sur-pailler n’apporte aucun bénéfice. En effet, un essai à la station expérimentale Arvalis à Saint-Hilaire-en-Woëvre montre aucune différence de propreté et de croissance sur des JB à l’engraissement entre un apport de 4,8 kg de paille par JB/j contre 3,6 kg/JB/j. À l’inverse un sur-paillage induit une augmentation de la température de la litière. De plus, apporter plus fréquemment et en plus petite quantité permet de faire des économies de paille. Un paillage deux fois par jour permet d’économiser 10 à 20 % de paille.

Substituer

Pour limiter l’utilisation de paille en litière, il est possible de substituer en totalité ou partiellement celle-ci par d’autres produits :

• La menue paille de blé présente une faible portance de la litière, augmente de 50 % la quantité apportée par rapport au blé, la manutention est délicate et un fort dégagement de poussière est à noter ;

• La paille de colza présente une bonne portance de la litière, les quantités apportées sont proches du blé, en revanche, le rendement paille est divisé par deux par rapport au blé. Pour utiliser de la paille de colza, mieux vaut récolter plus bas par rapport à une coupe classique. Même si la paille de colza est plus humide que celle du blé, cela ne devrait pas poser de problème cette année. À éviter quand même pour les jeunes animaux car elle est plus abrasive. Il est possible aussi de l’utiliser en alimentation, l’abrasivité est plus importante que celle du blé donc l’effet rumination est accentué.

• La paille de maïs est moins absorbante que la paille de blé, il faut la récolter sèche et après le broyage de la moissonneuse. De plus cette paille sollicite fortement le matériel.

• Le miscanthus : intéressant surtout en litière malaxée, mais disponibilité aléatoire.

• Les haies d’exploitation : 1,5 kg de plaquette de bois a un pouvoir absorbant équivalent à 1 kg de paille de blé. 105 € la tonne de paille, c’est le prix de bascule où la plaquette est moins chère que la paille. L’utilisation est possible à 100 % avec des plaquettes ou en sous couche permettant un effet drainant et une économie de paille par la suite.

• Les écorces de bois issues de scierie : un essai sur la Ferme expérimentale des Bordes a comparé une litière 100 % paille (3,6 kg/JB/j) à une litière 100 % écorce (8,3 kg/JB/j) sur desJB à l’engraissement. Aucune différence sur les croissances, sur le salissement, les boiteries ou les problèmes respiratoires, la seule différence réside dans la diminution de la température de la litière de 4,3 °C avec l’écorce.

• La dolomie : l’utilisation en sous couche, permet une économie de paille par la suite et une amélioration de la teneur en calcium des fumiers in fine.

Célia Lefebvre / Arvalis

Pas de remplacement intégral

Des solutions existent pour limiter l’utilisation de paille en litière.Néanmoins il paraît aujourd’hui impossible de remplacer l’intégralité de la paille de litière dans les élevages bovins.L’utilisation d’alternatives à la paille est très dépendante de la disponibilité des produits, du coût et de la manutention nécessaire pour leur utilisation.


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