C’est un travail d’éleveurs et de techniciens qui porte aujourd’hui ses fruits : d’un effectif de 311 vaches en 1976, la Bretonne Pie Noir compte cette année 3 500 femelles. Parmi ces passionnés de la race, Floriane Lecossier, à la tête d’un troupeau de 25 mères sur la commune de Plougonven (29). Aussi vice-présidente de l’Union bretonne Pie Noir (UBPN), la Finistérienne continue de porter le flambeau initié il y a 50 ans, en continuant à être actrice du plan de sauvegarde. « Il est très important que toutes les vaches soient répertoriées. Quand on connaît le père et la mère d’un animal, on connaît ses grands-parents ».
De 311 à 3 500 femelles
Pour sa ferme qui valorise la viande de ces bovins de petite taille, le cheptel a été constitué en achetant des animaux en Loire-Atlantique, et où les lignées étaient connues. Dans le cas de montes naturelles comme c’est le cas dans son élevage, « c’est bien de savoir qui est qui. Pour le plan de sauvegarde, on est obligé de parler génétique, car le nombre d’animaux a été multiplié presque par 10. Pour autant, le taux de consanguinité reste faible, en dessous de 6 % ». Au-delà de ce chiffre de 6 %, le produit est considéré comme un croisement entre cousins. Éviter les cartes roses étoilées, synonymes d’absence de renseignements sur le père ou la mère, est un conseil délivré par l’agricultrice. « Quand j’achète un taureau, je vérifie sa compatibilité auprès de l’UBPN pour savoir si sa génétique est compatible avec toutes mes vaches. Ici, un taureau est gardé entre 2 et 3 ans ».
Rustique et mixte
Floriane Lecossier rappelle le caractère mixte de la vache bretonne, « c’est une très bonne bouchère, mais son lait est aussi très riche pour de la transformation. Certains producteurs de lait en élèvent quelques-unes pour augmenter les taux dans le tank ».
La vice-présidente aime défendre la race, répond aux questions des éleveurs et des futurs propriétaires : « Il n’y a pas de petits ou de grands éleveurs ».
Fertile, ce bovin à cornes en croissant ou en lyre « est rustique et n’a pas besoin d’une alimentation trop riche. Il est capable de digérer les aliments grossiers. Avec de bons soins, on peut le faire vieillir ».
Dans les cartons de l’Union, « nous réfléchissons au génotypage. La voie mâle a été développée, nous souhaitons maintenant aller sur la voie femelle », conclut-elle.
Fanch Paranthoën
La fête pour les 50 ans
À l’occasion des 50 ans d’engagement de tous les acteurs autour de la race, une fête est organisée le samedi 27 juin et le dimanche 28 juin au domaine de Kervennec, à Carhaix. Au programme :• Fest-noz anniversaire le samedi soir dès 19 h avec un feu de la Saint-Jean à 22 h ;• Vernissage d’une exposition retraçant l’histoire de la race, présentation de vaches et repas de clôture le dimanche midi.Toutes les personnes intéressées par la race peuvent joindre Floriane Lecossier au 06 03 93 95 25.

