La pousse de l’herbe mesurée du 24 au 30 mars est en moyenne de 33 kg MS/ha/jour. La météo prévoit un temps partagé entre éclaircies et averses, avec des températures typiques de ce début de printemps. De quoi permettre à l’herbe de pousser tranquillement.
La pousse de l’herbe n’a rien de régulier : elle dépend de la météo (températures matinales fraîches, exposition des parcelles…), des hauteurs d’herbe disponibles, de la fertilisation azotée… et ne suit jamais vraiment le planning ! Il est donc essentiel d’adapter en temps réel la conduite du pâturage : allonger les temps de repousse en distribuant davantage de fourrages stockés, ou au contraire les réduire pour augmenter la valorisation de l’herbe. Si la pesée des fourrages reste la référence, le temps d’ingestion est aussi un bon indicateur : compter environ 4 kg de maïs pour 1⁄2 heure d’ingestion après la traite, lorsque les animaux ont de l’appétit.
Françoise Guillois et Pierre Bescou
En bref
• Hauteur entrée : viser 8 à 10 cm herbomètre, soit une hauteur à la cheville (repère botte), pour optimiser l’ingestion d’herbe.
• Hauteur de sortie : descendre à 5 cm herbomètre, soit une hauteur au talon.• Au-delà d’une demi-ration d’herbe pâturée, le correcteur azoté n’est pas nécessaire pour équilibrer la ration de base.
« La mise à l’herbe se fait progressivement »
Opinion – Sébastien – 70 Blondes d’Aquitaine (Ercée-en-Lamée, 35)
Au cours du mois de mars, les sols se sont progressivement ressuyés, ce qui m’a permis de réaliser les travaux d’entretien des prairies. Sur les prairies de fauche (association RGI + RGH + TV + mélange de trèfles), j’ai apporté 46 unités d’azote sous forme d’urée ainsi que 200 kg de chaux vive. Sur les prairies pâturées, un apport de chaux a également été réalisé sur les parcelles les plus portantes. En revanche, il n’y a pas eu de fertilisation. Habituellement, j’épands du fumier après le 15 janvier, mais les conditions de portance ne l’ont pas permis. Les prairies de fauche devraient être ensilées autour du 10-15 avril. Le RGI sera épié, mais pour les vaches allaitantes, cela reste acceptable : une valeur alimentaire un peu plus faible n’est pas pénalisante ; de plus, elles ont aussi besoin de fibres. J’ai commencé cette semaine la mise à l’herbe des génisses. Les parcelles ont été découpées en paddocks de 0,5 à 1 hectare. Si les conditions de portance se dégradent, j’adapterai la rotation en accélérant le passage afin de limiter les dégâts. Les vaches devraient sortir la semaine prochaine, en fonction de la météo. Avec le début des vêlages, je reste vigilant à ne pas exposer les veaux à des conditions trop humides.
Zoom sur : Le pâturage des génisses
Les génisses de deuxième année sont généralement les premières à valoriser l’herbe (sortie comprise entre mi-février et mi-mars). Les génisses de première année pourront sortir début avril, tandis que celles nées entre décembre et janvier attendront le mois de juin. Le pâturage tournant simplifié constitue un bon compromis entre charge de travail et optimisation de l’ingestion d’herbe. Au printemps, une conduite sur 4 paddocks, avec un temps de séjour de 5 à 7 jours, permet d’atteindre un temps de retour de 18 à 21 jours, cohérent avec la dynamique de pousse. En été, le ralentissement de la croissance de l’herbe impose d’adapter le chargement et d’allonger le temps de repousse (ajout de surface ou d’un paddock supplémentaire). Actuellement, en conditions fraîches et pluvieuses, la distribution de foin ou d’enrubannage permet de sécuriser le transit et de limiter les à-coups de pousse. Pendant toute la période de pâturage, les génisses doivent disposer d’une herbe de qualité. Un suivi régulier de la ressource est indispensable pour ajuster les apports complémentaires et la croissance des animaux.

