« Je ne suis pas issu du monde agricole mais m’installer était un rêve de gosse », témoigne Ludovic Le Potier, éleveur de vaches laitières et de porcs à l’engraissement à Moréac (56). « Je voyais les tracteurs passer devant chez mes parents et je savais que je voulais faire ce métier. »
Agriculture peut rimer avec technologie
Reconnaissant envers les maîtres de stage qui ont jalonné son parcours et lui ont transmis leur savoir-faire, il accueille aujourd’hui régulièrement des scolaires ou des groupes d’adultes sur son exploitation. « Je souhaite montrer que ce ne sont pas uniquement les fils et filles d’agriculteurs qui peuvent le devenir. C’est aussi, d’une certaine manière, une façon de remercier ceux qui m’ont formé. »
Accueillir les collégiens
Le 12 mars, un groupe d’une trentaine d’élèves de 4e et de 3e d’un collège de Locminé a découvert l’EARL de Crano. « Cette visite se déroule dans le cadre de Génération Agri », explique Hélène Loric, élue à la Chambre d’agriculture de Bretagne (Crab) en charge du dispositif. Depuis 2023, ce collectif d’organismes professionnels, piloté par la Crab, propose aux collégiens de la région de découvrir la diversité des métiers de l’agriculture : éleveur, salarié ou toute autre profession para-agricole. « Notre objectif n’est pas de remplir les lycées agricoles mais de semer la petite graine qui, un jour peut-être, suscitera une vocation », insiste Hélène Loric. « Aujourd’hui, de moins en moins de collégiens ont des parents agriculteurs et beaucoup ignorent tout de ce métier. » Parmi la trentaine d’élèves présents chez Ludovic Le Potier, un seul était issu du milieu agricole et seulement quatre connaissaient un agriculteur.
Casser les idées reçues
Journée type, alimentation des vaches, cultures, machinisme, traite robotisée… Ludovic Le Potier a présenté avec entrain son métier et son outil de travail à des jeunes qui, pour la plupart, n’avaient jamais mis les pieds dans une ferme. « Au travers de ces visites, nous voulons faire découvrir, casser certaines idées reçues et montrer qu’être agriculteur peut aussi rimer avec technologie, outils de pointe et modernité », indique Hélène Loric.
Au cours de l’année scolaire 2024-2025, Génération Agri a touché 8 000 collégiens dans 150 établissements différents. « Ce contact s’effectue pendant des visites d’élevage, mais aussi lors de salons, de forums ou d’interventions en classe », explique Cécile Renaudeau, de la Crab.
Alexis Jamet
Des stages qui séduisent
Génération Agri propose des stages pour s’immerger dans le monde agricole pendant les vacances scolaires. Cette année, 320 conventions ont été signées, soit presque cent de plus que l’année dernière. « C’est un bon indicateur des résultats du dispositif », note Cécile Renaudeau.

