Après une reconversion*, Vanessa Verger s’est installée le 1er janvier 2023 à La Harmoye en reprenant une ferme où la production laitière avait disparu. Sur ce foncier groupé (45 ha accessibles sur 53 ha), elle a tout semé en prairies pour préparer son système très pâturant en bio et l’arrivée des 53 Jersiaises.
Semis de prairie sous couvert de méteil
« Le représentant des Ets Bourdois qui m’a vendu la semence de RGA et trèfle blanc m’a conseillé d’implanter 7 à 9 ha d’herbe sous couvert de méteil pour gagner en sécurité fourragère en phase d’installation. Par précaution, j’ai parié sur 12 ha », raconte l’éleveuse. Elle a acheté les graines à un céréalier bio du département. Le mélange a été semé fin septembre 2023 à 195 kg/ha (120 kg de triticale, 50 kg de féverole et 25 kg de pois). Le semoir de la Cuma de la Grande Eau de Corlay est passé deux fois de suite car les semences de variétés prairiales et de protéagineux doivent être déposées à des profondeurs différentes. Premier passage pour implanter le méteil. Deuxième pour semer la prairie dans l’inter-rang.

L’étape suivante est l’ensilage à la mi-mai – « quand le pois est en fleur » – réalisé par l’ETA de L’Oust au Quillio. Une fenêtre météo favorable est recherchée : le mélange est fauché avec un regroupeur d’andains puis ramassé deux ou trois jours plus tard. « J’aime avoir un fourrage plutôt sec », précise Vanessa Verger. Pour un rendement de 8,2 t MS/ha, son premier ensilage titrait 32 % de MS, 0,8 UFL/kg de MS et 22,6 % de MAT. Avec 12 ha mis sous bâche, cette première récolte a été distribuée à la désileuse – pailleuse sur les deux hivers suivants (2024-2025 et 2025-2026). « Cet automne, quand c’était sec, j’en ai redonné dès septembre. »
L’enrubanné pratique pour l’été
Et puis, derrière la récolte de méteil, la prairie est déjà là, apprécie la Costarmoricaine. « Un mois et demi plus tard, je peux faire une fauche d’enrubanné de qualité pour l’hiver avant de réintégrer ces surfaces à la rotation des paddocks pâturés par le troupeau. »
Fin septembre dernier, Vanessa Verger a semé pour la deuxième fois des prairies sous couvert de méteil. « Désormais, 3 ou 4 ha suffisent. D’une part, cela convient pour renouveler au fur et à mesure mes pâtures. D’autre part, cela m’offre un stock bien utile quand les hivers sont longs comme cette année. Avec le silo ouvert à la mauvaise saison, quand le front d’attaque ne chauffe pas, j’économise des bottes d’enrubannés, plus pratiques pour ajuster la ration l’été en fonction de la pousse de l’herbe. »
Toma Dagorn
* Lisez aussi l’article qui retrace le parcours de Vanessa Verger : « S’installer en relançant le lait »
Raconter l’installation
Mardi 17 mars, à 14 h, le Cédapa organise une porte ouverte chez Vanessa Verger, lieu-dit Kénemel à La Harmoye. Autour d’ateliers et témoignages, elle présentera son parcours d’installation en lien étroit avec ses cédants, la relance de l’élevage laitier, la mise en place du système herbager, ses résultats (195 000 L vendus, 30 € / 1 000 L de coût alimentaire, 533 € /1 000 L de marge brute lait) et son ressenti sur ses premières années d’activité. Informations : 07 64 44 45 21.

