La consommation change

Le modèle familial évolue. Les ménages se sont métamorphosés depuis 20 ans. Le consultant indépendant Philippe Goetzman conseille de s’intéresser à ce changement pour s’adapter.

Une personne devant un micro - Illustration La consommation change
Philippe Goetzman, consultant indépendant. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

« Il fallait 32 maisons dans les années 70 pour loger 100 personnes. Il en faut aujourd’hui 46. Les couples se séparent davantage, la taille des ménages diminue, et le phénomène ne s’inversera pas », introduit Philippe Goetzman. Le consultant indépendant qui a longtemps travaillé dans la grande distribution a apporté sa vision sur le consommateur lors de la session régionale de la Chambre d’agriculture, à Quimper (29). Il ajoute en préambule que « les familles monoparentales ont augmenté de 58 % en 20 ans. 85 % de ces familles sont dirigées par des femmes. Rappelons que le revenu des femmes en France est inférieur de 15 % par rapport à celui des hommes ». Le spécialiste regarde le marché de la consommation non pas du producteur au consommateur, mais dans l’autre sens, « fork to farm ». Autrement dit et selon lui, il faut s’intéresser à la réalité de la démographie pour s’adapter.

Une individualisation de la consommation

De nos jours dans l’Hexagone, « il y a autant de personnes à vivre seules que de personnes à vivre dans une famille de 4 ». 70 % des ménages français sont composés de 1 à 2 personnes. À cela s’ajoute un taux d’emploi « le plus élevé jamais connu, les gens ont de moins en moins de temps pour les courses ou pour la cuisine, il y a une individualisation de la consommation, on externalise la tâche de cuisiner ». 20 % de la population passe moins d’une heure par semaine dans sa cuisine, c’est 7 points de plus qu’en 2019 ; on ne prépare plus un pot-au-feu en semaine, surtout si l’on vit seul. On achète désormais « 8,8 milliards de burgers par an en France, le nombre de points de restauration pour 1 000 habitants est passé de 4,2 en 2005 à 5,95 en 2025, soit une hausse de 42 % ».

305 milliards, ni plus ni moins

« 80 % des Français consomment 90 % de ce qu’ils gagnent ; ils n’épargnent pas, prennent de plein fouet l’inflation : soit ils consomment moins, soit ils consomment moins cher. » Le gâteau de la dépense alimentaire du pays représente 305 milliards €, en comptant la grande distribution, la restauration collective. « Au moins jusqu’en 2030, cette dépense n’augmentera pas, il n’y aura pas plus d’habitants ». Le consommateur fait davantage attention au gaspillage alimentaire, la population, vieillissante, mange moins. « Il est probable que nous soyons en volume décroissant », conclut l’intervenant.

Fanch Paranthoën

Se battre contre les importations

Philippe Goetzman prend pour exemple l’Italie ou l’Allemagne, pays qui « maintiennent de la valeur alimentaire avec une démographie déclinante : ils ont compris qu’il n’y a pas d’autre choix que d’exporter, car il n’y a plus de croissance sur le marché intérieur. C’est pourquoi il ne faut pas seulement axer sa stratégie sur la montée en gamme, il faut fonctionner sur ses 2 jambes en essayant aussi de vendre à l’étranger ».


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