La pression d’azote organique est en baisse

Le chercheur Léonard Jarrige s'intéresse à l'évolution de la qualité de l'eau en lien avec la pression azotée ramenée à l'échelle cantonale.

Un tracteur tirant une tonne à lisier lors d'un épandage sur prairie - Illustration La pression d’azote organique est en baisse
L'amélioration des techniques d'épandage permet une meilleure valorisation de l'azote organique. | © Paysan Breton - T. Dagorn

Jeudi 5 février, à l’assemblée générale de Jeunes Agriculteurs des Côtes-d’Armor à Plérin, des membres du syndicat ont présenté un rapport d’orientation fourni sur les questions environnementales. Pour compléter, Léonard Jarrige, de l’Institut de l’Élevage, a présenté une étude bientôt publiée « posant la question de la contribution de l’élevage à la qualité de l’eau ». Ces travaux s’intéressent à l’évolution de la pression azotée organique, des pratiques de fertilisation minérale et des teneurs en nitrates dans les eaux.

Moins d’azote organique produit

Sous forme de cartes de France basées sur la « maille assez fine » de l’échelle cantonale, le spécialiste a présenté l’estimation de la pression d’azote organique, « c’est-à-dire la quantité d’azote rejetée par les animaux par surface agricole ». Il parle d’une baisse généralisée de cette pression de l’ordre de -15 % en 20 ans. « Cette dynamique baissière se poursuit actuellement surtout dans les territoires de polyculture-élevage, y compris en Bretagne. » Pour les Côtes-d’Armor, parallèlement à « la lente érosion des cheptels bovins et porcins », l’éleveur note une baisse de 10 % de l’azote produit par l’élevage depuis 2015.

Lente érosion des cheptels bovins et porcins

Concernant « la pression azotée minérale », Léonard Jarrige souligne que de nombreuses zones en France ont réduit leurs apports (l’azote minéral consommé a baissé de plus de 15 % depuis 2010). « En particulier dans les zones d’élevage. Ce recul est flagrant pour l’Ouest. » Au-delà de contraintes réglementaires plus sévères sur les épandages, pour l’observateur, cela renvoie, entre autres, à « une optimisation des pratiques de fertilisation minérale mais aussi organique. » Dès lors qu’on valorise mieux les lisiers et fumiers, les besoins en engrais du commerce diminuent dans les secteurs d’élevage.

En Côtes-d’Armor, la place des granivores

Le chercheur donne un repère : en 2020, l’élevage français a produit 1,13 million de tonnes d’azote organique, 93 % provenant des ruminants. Cela représente une pression azotée organique de 35 kg d’azote/ha en moyenne à l’échelle du territoire national (pour 74 kg/ha d’azote minéral). « En comparaison, l’élevage costarmoricain produit 117 kg d’azote/ha ramené à la surface du département. 52 % sont issus des cheptels bovins alors que les granivores sont plus représentés en proportion qu’ailleurs. »

Toma Dagorn

La végétalisation, un risque pour l’eau ?

Léonard Jarrige surveille l’évolution de la qualité de l’eau en France. « Globalement, les taux de nitrates ont baissé de 40 % depuis 1998. Les zones à plus forte densité d’élevages sont celles qui montrent la plus grosse amélioration. Alors qu’on note plutôt une augmentation depuis 10-15 ans dans les zones de cultures spécialisées. » Derrière la décapitalisation en élevage qui se traduit entre autres par le retournement de prairies permanentes, « la dynamique de végétalisation des sols porte un risque accru pour la qualité de l’eau ».


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