Un catalyseur des tensions 

L’accord UE-Mercosur ne fait qu’exacerber des fragilités déjà existantes dans l’agriculture française. 

Un homme dans un abattoir avec des carcasses suspendues - Illustration Un catalyseur des tensions 
Le secteur de la viande, déjà fragilisé, pourrait l'être encore plus. | © Bertrand photos - stock.adobe.com

« L’accord du Mercosur va faire des gagnants et des perdants », introduit Karine Daniel, directrice de recherches en économie à l’ESA d’Angers. « L’industrie et les produits à forte valeur ajoutée seront favorisés, mais ce n’est pas le cas de la viande. » Selon l’économiste, ce secteur, déjà fragilisé, pourrait l’être davantage encore si le volume de viande importée venait à augmenter, ce que prévoit justement l’accord avec le Mercosur. « Contrairement au Canada, les pays d’Amérique du Sud disposent d’une capacité d’exportation plus importante. On peut donc envisager une hausse des importations de viande plus marquée avec le Mercosur qu’avec le Ceta. » Retrouver un cap dans cette période d’incertitude Un secteur fragilisé ? Mais pourquoi ? « La France est une grande puissance agricole qui a perdu du terrain sur le marché européen ces dernières années », poursuit-elle. « Cela s’explique notamment par un facteur démographique, avec une attractivité du métier en baisse, mais aussi par la loi Egalim, qui a entraîné une perte de compétitivité de la France sur le marché européen. » Tirer profit des atouts de la France Pour Karine Daniel, la « surenchère syndicale et politique » autour du Mercosur est le reflet d’une agriculture déjà sous tension. La perspective de cet accord n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Il faut retrouver un cap dans cette période d’incertitude », insiste la chercheuse. « La France doit s’appuyer sur ses atouts afin de se repositionner sur le marché européen. » Parmi eux figurent notamment ses surfaces agricoles disponibles, son potentiel agronomique fort, sa main-d’œuvre formée et susceptible de s’adapter, ses outils industriels et… ses normes. « Les produits qui s’en sortent le mieux, comme les AOC, sont précisément ceux qui répondent au plus grand nombre de normes », souligne…

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