Œufs, un atout stratégique breton

Entre volumes records et mutations des modes de production, la filière œuf française fait face à de fortes évolutions.

Des poules plein air - Illustration Œufs, un atout stratégique breton
© ChristopheB - stock.adobe.com

La France est un poids lourd européen de la production d’œufs, avec 15,4 milliards d’unités produites en 2024. La Bretagne, première région française, en concentre 36 %, portée notamment par les Côtes-d’Armor et le Morbihan. La position bretonne repose sur un maillage dense : près de 34 millions de poules pondeuses et poulettes réparties dans 1 200 exploitations (dernier recensement agricole, 2020). En parallèle, la région dispose de plus de 80 centres de conditionnement (œuf coquille, 60 % de la consommation) et un peu plus de huit casseries ou centres de transformation (ovoproduits destinés à la restauration hors domicile et à l’industrie agroalimentaire, 40 % de la consommation).

D’après l’échantillon Cerfrance Bretagne 2024, 75 % des producteurs commercialisent leurs œufs en système « libre sous contrat de reprise » (en fonction des OP, indexation possible des contrats sur le coût de l’aliment, le prix de la poulette ou des primes énergie). Les 25 % restants évoluent dans un schéma d’« intégration », avec une rémunération fixe aux 100 œufs ou au poids, un modèle davantage représenté en production biologique. Le mode d’élevage plein air reste majoritaire dans l’échantillon (44 %), suivi du bio (28 %). Tandis que la production en cage poursuit son recul (11 %) au profit du sol (17 %) qui était quasi inexistante il y a 5 ans.

Sur 5 ans (2020/2024), le nombre d’exploitations « bio » a diminué de 38 % dans l’échantillon au profit du « plein air » lors de la crise des productions bio en 2022/2023. La taille de ces exploitations (env. 11 000 poules) ainsi que leurs critères techniques sont restés stables. Les marges sont restées stables (12 €/poule en « libre » et 10 € en intégration).

Sur la même période, les exploitations « plein air » ont vu leurs moyens de production augmenter pour atteindre en moyenne 16 700 pondeuses (+2 300). Des progrès techniques sont observés tant sur le nombre d’œufs/poule que sur l’IC (g aliment/œuf). Les marges brutes ont progressé de 1,5 € pour atteindre 8,6 €/poule en « libre » et de 1 € en « intégration » pour s’établir à 6,8 €. Cette dynamique a permis de renforcer les structures financières des exploitations.

Anne-Cécile Mottais / Cerfrance Bretagne

Perspectives 2030 pour la production d’œufs

En 2024, la France comptait 13,6 millions d’emplacements code 3 (cage). D’ici 2030, 11,6 millions seront toujours en place : 70 % en code 2 (sol) et 30 % maintenus en code 3 (source Itavi). La différence reflète la baisse de capacité après transformation en mode alternatif et les arrêts d’activité. Pour compenser, les importations d’œufs coquille et d’ovoproduits augmentent actuellement. Pour ne pas dégrader notre taux d’auto-approvisionnement, la filière prévoit la construction de 300 nouveaux poulaillers d’ici 2030.


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