Cet ancien agriculteur, à Cast (29), a exercé quatre mandats municipaux dans sa commune. Dès 2001, il s’est investi dans le Sivalodet, structure chargée de la gestion de l’eau à l’échelle du bassin versant. Un engagement qu’il juge aujourd’hui indispensable pour défendre l’agriculture dans des instances où elle est souvent minoritaire.
Ne pas laisser les sièges vides
« Nous étions très peu d’agriculteurs autour de la table, face à des acteurs très organisés et très au fait des dossiers environnementaux », observe-t-il. Pour l’ancien élu, l’enjeu est clair : sans présence agricole, les décisions se prennent sans connaissance fine du terrain. « Si on n’est pas là pour ramener du bon sens, personne ne le fera. »
Avoir le soutien des élus
Roger Mauguen insiste : « La parole agricole, seule, ne suffit pas. L’agriculteur isolé ne peut rien obtenir s’il n’est pas soutenu par les élus, notamment les présidents de communautés ». Selon lui, l’efficacité passe par un relais politique assumé, capable de porter les dossiers et d’arbitrer. À défaut, les contraintes s’empilent, les projets s’enlisent et les exploitations disparaissent « sans que la question du pourquoi » ne soit réellement posée.
Au sein du Sivalodet, son rôle a consisté à questionner les orientations, à défendre des solutions équilibrées et à éviter certaines décisions jugées excessives ou déconnectées des réalités agricoles. « Ces structures sont faites pour gérer l’eau dans sa globalité, pas uniquement par l’interdiction, mais aussi par des projets construits collectivement », se plaît-il à rappeler pour souligner le décalage fréquent entre les objectifs affichés et la réalité de terrain.
Son message aux agriculteurs est sans détour : « S’engager, prendre la parole, ne pas laisser les sièges vides. Les agriculteurs ont des convictions. Ils doivent les défendre ». Et aux élus, il rappelle leur responsabilité : « Sans courage politique, aucune dynamique durable ne peut se construire pour l’agriculture et les territoires ruraux. »
Didier Le Du
