Des pistes concrètes pour élever en collectif

Le projet Colocavo explore différentes modalités d’élevage des veaux laitiers en groupe dès les premiers jours de vie afin de répondre aux interrogations des éleveurs sur la santé, le comportement et l’organisation du travail.

Des veaux laitiers dans des cases paillées collectives - Illustration Des pistes concrètes pour élever en collectif
Le logement collectif des jeunes veaux a été étudié sur plusieurs fermes expérimentales de l’Ouest. | © Paysan Breton

Alors que les modalités de logement des jeunes veaux laitiers sont aujourd’hui questionnées, le projet Colocavo (débuté il y a 2 ans pour une durée de 4 ans en tout) a pour objectif de mettre au point des solutions de logements collectifs dès les premiers jours de vie, à deux ou en petit groupe. « L’intérêt de l’élevage en collectif a été démontré scientifiquement. Les veaux apprennent les uns des autres, sont moins stressés, surtout quand ils sont dans des groupes stables. Ils mettent en place des jeux sociaux qui provoquent des émotions positives », a cadré Valérie Brocard, de l’Idele, lors d’un après-midi technique sur le sujet à la ferme expérimentale des Trinottières (49).

Moins de stress, davantage d’interactions

Mais de nombreuses interrogations persistent quant à la mise en place du logement collectif, sur la santé des veaux, la maîtrise du risque de succion croisée (principale stéréotypie = comportement négatif), les écarts d’âge pour la gestion des cases, sur l’aménagement des bâtiments, l’organisation du travail…

Stress autour des distributions de lait

À la ferme de Trévarez (29), dans le cadre de Colocavo, une étude a été réalisée sur les effets de la fréquence de distribution du lait sur les comportements. L’expérimentation concernait des génisses Holstein avec un bac à tétines collectif. Résultat : « La distribution du lait en une fois, par rapport à 2 buvées/jour, n’augmente pas les succions croisées. Ces dernières sont observées lors des distributions de lait », soulignent les responsables de Colocavo. Autre résultat : « La suppression d’une distribution entraîne des comportements de vigilance, d’observation, de vocalisation, liés au stress ».

Intérêt des « tétines sèches »

Sur la ferme de la Blanche Maison (50), l’effet d’un enrichissement du milieu avec des tétines non nutritives a été testé. « Les veaux y sont élevés en groupe de 7 à partir de 5 jours. » Deux observations ont été faites : les tétines sont utilisées lorsqu’elles sont mises à disposition, quel que soit l’âge, et les succions croisées sont plus importantes dans les cases sans tétine. « Ce type d’enrichissement est donc intéressant et n’impacte pas les performances techniques. »

Gain de temps avec le bac à tétines collectif

À l’Inrae – IEPL (35), les effets du mode de distribution du lait, entre seau-tétine et milkbar, ont été étudiés sur des cases de 9 veaux femelles élevées en collectif dès la naissance (28 m2 en tout par case). « Aucun effet négatif n’a été mesuré sur la santé et les croissances ont été similaires pour les deux types de distribution. Le poids âge-type de 200 kg à 6 mois a été atteint. Nous avons observé peu de stéréotypies et pas de différence dans les comportements ». Atout pour le milkbar : « Il permet un gain de temps, selon les animaliers de la station ».

Aux Trinottières, une autre expérimentation a porté sur le maintien du lien entre des génisses élevées en paires stables jusqu’à 35 jours, puis mises en cases collectives de 8. « Il n’y a pas eu d’effet sur la croissance et les génisses ne conservent pas toujours leur lien. » Des résultats qui seront à confirmer.

Agnès Cussonneau

Pas plus de mortalité

Une enquête sur le logement des veaux avant sevrage a été réalisée auprès de 227 élevages laitiers du Grand-Ouest et du Jura. « Fréquemment, sur les 3 à 4 premières semaines de vie, les veaux sont en logement individuel puis passent en collectif. Mais 7 % des élevages enquêtés utilisent un logement collectif dès la naissance ou la première semaine de vie, sans effet significatif sur le taux de mortalité », conclut l’étude. « La principale crainte des éleveurs par rapport au logement collectif est la maîtrise du risque sanitaire (transmission de maladies, identification des veaux malades). À l’inverse, des avantages sont perçus sur la réduction du temps de travail pour le paillage, le curage et l’alimentation et sur le bien-être des veaux. » Les éleveurs pratiquant le logement collectif précoce remarquent « des déplacements de leur veaux et des jeux », « une stimulation par le groupe » et des animaux « dociles, calmes et curieux ».


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