Un peu moins de revenu laitier en conventionnel

Selon une étude de la Crab et de Cerfrance Bretagne, le revenu disponible des producteurs laitiers conventionnels recule à 37 500 € par UTH en 2024. Sur 2025, la collecte repart à la hausse et les investissements s’intensifient.

des vaches au cornadis et un robot dans un bâtiment d'élevage - Illustration Un peu moins de revenu laitier en conventionnel
La génétique, les concentrés, les fourrages de bonne qualité ont permis de produire plus avec moins de vaches laitières. | © Paysan Breton

Une étude économique sur la production laitière menée par la Chambre d’agriculture de Bretagne (Crab) et Cerfrance Bretagne montre que le revenu disponible moyen recule à 37 500 €/UTH exploitant en 2024 ; il était à 53 300 € en 2023 et à 46 300 € en 2022. Mais il reste supérieur aux 20 000-25 000 €/an des 20 dernières années.

Les investissements sont en progression sur 2024. « Alors que les annuités étaient de 79 €/1 000 L en 2022, et de 81 en 2023, elles sont à 87 € en 2024 », a chiffré Céline Favé, conseillère et chargée d’études à la Crab, lors de la dernière session de la Chambre d’agriculture 35 le 21 novembre à Rennes. En moyenne, l’exploitation laitière conventionnelle bretonne compte 100 ha de SAU et emploie 1,97 UTH (dont 0,4 salarié) avec un troupeau de 85 VL valorisant plus de 70 % de la SAU. Le maïs occupe 44 % de la SFP. La production vendue est de 670 000 L, soit 340 000 L/UTH (chiffre en hausse continue). Sur 2024, le lait a été vendu en moyenne 464 €/1 000 L

Céline Favé souligne que l’hétérogénéité est importante entre exploitations, pouvant amener à des écarts de revenu de 87 000 €. La différence se joue surtout sur le coût alimentaire qui passe de 116 €/1000 L pour les exploitants les plus performants, à 167 € pour les moins performants. Les premiers ont aussi moins d’annuités que les seconds (71 €/1 000 L contre 99 €). « Ils allient autofinancement et financement bancaire. »

Davantage de revenu en lait bio

Du côté de la production bio, le revenu disponible par UTH exploitant s’améliore en 2024, à 34 000 € (contre 29 240 € en 2022-23), avec un prix du lait moyen de 510 €/1000 L sur l’année et un EBE hors main-d’œuvre de 357 €. Mais là aussi des différences existent entre les fermes, pouvant générer des écarts de revenus de l’ordre de 67 000 €. En moyenne, le coût alimentaire est de 83 €/1 000 L avec une production de 368 500 L réalisée par 74 vaches laitières valorisant plus de 90 % de la SAU.

« Depuis le printemps 2025, la collecte laitière est en hausse sur la Bretagne et devrait atteindre environ 5,4 milliards de litres sur l’année, soit 3 % de plus qu’en 2024. C’est le volume le plus important depuis 2020 », précise Olivier Carvin, du service Économie-emploi de la Crab. Dans le même temps, la décapitalisation en vaches laitières ne ralentit pas. La génétique, les concentrés, les fourrages de bonne qualité ont permis de produire plus avec moins de vaches. Alors que les marges en céréales sont faibles pour la 3e année, « on voit que l’élevage a toute sa place en Bretagne », déclare Loïc Guines, président de la Chambre 35.

Modernisation, robotisation en hausse

Sur la campagne 2025, les banquiers bretilliens notent « des investissements records dans les bâtiments, la modernisation, la robotisation, qui vont entraîner des charges de structures en hausse ». Se pose la question des prix d’équilibre qui ont fortement augmenté et des prix de reprise face aux transmissions à venir. Et quel sera le prix du lait en 2026, annoncé à la baisse ? L’impact de la FCO au printemps prochain reste aussi une question en suspens.

Agnès Cussonneau

L’agroalimentaire à la peine

Selon l’Observatoire français des prix et des marges, les marges brutes des IAA (industries agroalimentaires) s’améliorent mais leurs marges nettes demeurent inférieures au niveau d’avant inflation. « Leur rentabilité reste faible », constate Olivier Carvin. Les usines sont prises en étau entre l’explosion du coût des matières premières et la guerre des prix face à une distribution concentrée. Les investissements sont donc freinés. Selon une étude de la Banque de France sur l’agroalimentaire breton, « sa valeur ajoutée est en recul de manière durable. Quelle que soit la filière, la capacité d’autofinancement ne dépasse pas 4 % ». Sur un an, les intentions d’embauche du secteur agricole et agroalimentaire ont chuté de 16 %, c’est plus que la baisse sur l’ensemble des secteurs (-14 %).Point positif, « les ventes de produits de grande consommation et frais en libre-service ont progressé de 1,4 % en volumes sur le 1er semestre 2025. »


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