Dossier technique

Vidéo, 5G et IA au service de l’agriculture

La ferme expérimentale de Derval teste dans le cadre du projet 5G4Agri l’utilisation de la vidéo pour analyser le comportement des vaches grâce à l’intelligence artificielle.

19631.hr light - Illustration Vidéo, 5G et IA au service de l’agriculture
Onze caméras ont été installées dans la stabulation. | © 19631.hr light

Sur la ferme expérimentale de Derval, onze caméras neuves trônent sur la charpente de la stabulation. Elles ont été installées en mars 2024, grâce au financement du projet Agrifood Tef. Cette initiative vise à favoriser l’émergence de solutions technologiques dans le monde agricole grâce à la 5G et l’intelligence artificielle dans le cadre du projet 5G4Agri. Cette norme de réseau se caractérise notamment par sa faible latence, son très haut débit et sa stabilité. « Entre autres choses, la 5G pourrait être un élément très utile pour perfectionner et développer l’utilisation de la vidéo par les éleveurs grâce à ses performances de transferts de données », affirme Thomas Huneau, responsable de la ferme de la Chambre d’agriculture des Pays de Loire.

La 5G pourrait être un élément très utile 

Tout filmer 24 h/24

À Derval, c’est la première fois que l’analyse des données vidéo sera aussi poussée. « Avant, on filmait simplement des situations via une caméra, comme pour regarder ce qui pouvait causer une alerte robot, avant de se déplacer réellement », annonce Thomas Huneau. Désormais, les onze globes de plastique permettront d’observer l’intégralité du bâtiment, sous tous les angles et toutes les coutures. L’intérêt recherché est d’étudier le comportement de l’ensemble du cheptel 24h/24. « Un éleveur voit généralement toujours les mêmes choses car il vient dans son bâtiment tous les jours aux mêmes heures ». Autre atout de la vidéo, sa non-invasivité, contrairement à des boucles, des colliers ou autres capteurs.

Entraîner le modèle

Jusqu’en juin 2025, les vidéos enregistrées seront mises à disposition de la start-up rennaise Dilepix, spécialisée dans la vision. « Ces données vont nous permettent d’entraîner notre réseau de neurones », explique Mathieu Simon, de chez Dilepix. « L’objectif est d’apprendre à notre modèle à reconnaître des comportements ». À terme, l’intelligence artificielle pourrait par exemple identifier des boiteries, des chevauchements, des comportements anormaux à l’abreuvoir ou encore des accidents. Les animaux devront également être reconnus individuellement, notamment à l’aide de boucles RFID. Grâce aux caméras et à l’IA, les éleveurs pourraient ainsi profiter d’une analyse en direct et en continu du comportement individuel de leurs animaux.

Fabriquer un écosystème

« Nous souhaitons recueillir le plus d’infos possible pour savoir si une telle solution peut être déployée dans les fermes », déclare Thomas Huneau. « Elle doit être accessible pour l’éleveur et ses bénéfices doivent justifier l’investissement ».
Pour tirer le maximum de profit de ce matériel, l’interopérabilité des équipements sera très certainement la clé. Par exemple, on pourrait imaginer que le racleur à chaîne s’arrête de lui-même si une caméra détecte une vache coincée dedans. Plusieurs informations pourraient également être consultables simultanément sur une plateforme en ligne par un vétérinaire. Le praticien croiserait ainsi les données comportementales, les données du contrôle laitier ou les relevés des sondes de température du bâtiment.

Un projet ouvert à tous

Dans le cadre du projet 5G4Agri, les données générées par les caméras de la ferme de Derval sont ouvertes, selon conditions, aux entreprises qui recherchent un support terrain pour tester, entraîner ou développer leurs solutions numériques faisant appel à l’intelligence artificielle.


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