Élevage

Moins de temps pour élever les génisses

En gardant le bon nombre de génisses pour le renouvellement et en changeant les habitudes de distribution de fourrage, des économies de temps et d’argent sont à la clé.

Selon une enquête menée en 2020 par le réseau Inosys Bretagne, l’élevage des génisses coûte 1 340 € (hors main-d’œuvre) et demande entre 14 et 15 heures de travail par tête. En moyenne en Bretagne, le taux de renouvellement est de 35 %. « L’objectif est d’élever seulement les animaux dont on a besoin. Sur un troupeau de 75 vaches, un taux de renouvellement abaissé à 25 % fait gagner 12 jours de travail », calcule Pascale Morin, conseillère lait à la Chambre d’agriculture, lors d’une présentation des travaux réalisés à la station expérimentale de Trévarez (29) à 450 jeunes élèves en provenance des lycées agricoles bretons. Cet objectif de 25 % de taux de renouvellement est à corréler avec le taux de réforme. « Pour 20 % de taux de réforme, le taux de renouvellement se calcule avec une sécurité de 5 %, soit 25 % ».

3 distributions par jour

Une fois le nombre de génisses à élever par an établi, les gains en temps de travail sont possibles en modifiant les habitudes de distribution de la ration. La station de recherche finistérienne s’est penchée sur le temps passé à alimenter des génisses de 8 à 10 mois ou de 14 à 18 mois. Une des pistes consiste à fractionner la distribution du fourrage 3 fois par semaine, au lieu d’une fois par jour. « Le lundi et le mercredi, les animaux ont reçu l’équivalent de 2 jours de ration. Le vendredi, la quantité de fourrage représentait 3 jours », note Pascale Morin. La ration, composée de maïs ensilage à raison de 1 kg MS / 100 kg de poids vif et corrigée par 800 g de tourteau de soja, a été complétée par de la paille de bonne qualité à volonté. « Le maïs ensilage a été consommé dans les 6 heures le lundi et mercredi, en 12 heures le vendredi. Les animaux se sont nourris ensuite exclusivement avec la paille ». Sur les lots d’animaux âgés de 8 à 10 mois, la croissance a été proche de celle du lot recevant son alimentation tous les jours ; les résultats ont été semblables sur le lot âgé de 14 à 18 mois.

Au total, la charge de travail hebdomadaire n’est d’environ que de 20 minutes avec 3 distributions contre 7 autrement, soit une diminution de 45 % du temps à nourrir les jeunes. À titre de comparaison, la distribution d’une ration sèche pour une quinzaine de génisses est plus simple à mettre en place mais est aussi plus gourmande en temps (25 minutes par jour).

15 minutes de travail rentable
Pascale Morin rappelle que certaines tâches demandent de prendre son temps. C’est le cas du colostrum. « On ne déroge pas avec sa distribution : il faut le donner vite et en quantité suffisante, à savoir 4 L dans les 6 heures ». Tous les colostrums ne se valent pas : des mesures au réfractomètre montrent des pourcentages de taux de brix très variables. « À Trévarez, ¼ seulement du colostrum est de qualité bonne à excellente ».
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