Soumis aux canicules urbaines plus fréquentes, les essences locales ne résisteront pas longtemps. Platanes, marronniers et tilleuls d’ornement souffrent également. Les nouvelles espèces auront l’accent mexicain ou algérien.

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Chênes du Mexique
Premières au palmarès des espèces ornementales les plus prisées, platanes, marronniers, érables et séquoias géants souffrent des attaques de ravageurs (chancres) pendant les épisodes de sécheresse. Ils ne résisteront pas plus longtemps que les essences locales comme le chêne pédonculé, le hêtre ou le saule, déjà affaiblis par les périodes caniculaires. « Il faut réserver ces essences locales à des lieux plus frais, à la périphérie des villes ou dans des grands parcs ». Les nouvelles espèces devront résister aux coups de chaleur mais aussi à des hivers toujours relativement froids. « Les candidats idéaux sont des chênes du Mexique, d’Espagne et d’Algérie, des chênes verts, des érables de Turquie… ». Problème, les filières de production n’existent pas. « Personne ne prend le risque d’investir ». Il ne suffit pas de produire, il faut séduire. Élus et responsables des services techniques des villes ne sont pas formés et sont trop souvent inconscients des enjeux. « Ils continuent de planter des espèces inadaptées. Souvent parce qu’on leur propose des lots de jeunes plants en promotion et aussi parce qu’ils succombent aux effets de mode ». Les nouvelles essences importées ne constituent pas un danger pour les espèces locales, surtout plantées en ville. « Depuis 5 à 6 siècles, beaucoup d’espèces végétales invasives ont été importées. Parmi elles, très peu d’arbres ».
Doucement sur l’élagage
Certaines villes réagissent. « À Lille, des friches urbaines ont servi de pépinières naturelles. Les jeunes plants d’espèces résistantes, élevés dans des conditions difficiles et adaptés au terroir, sont replantés ailleurs, en ville, économies à la clé ». La taille des arbres est une pratique ancienne dans les villes ou dans les régions les plus avancées sur la protection de l’environnement urbain. « En France, les arbres sont systématiquement matraqués ; leur durée de vie n’excède pas 60 ans. Au nord de l’Europe, les mêmes essences vivent deux fois plus longtemps car moins taillées. Il faut choisir des espèces qui ne poussent pas trop haut ; cela évite d’avoir à les élaguer si elles ne disposent que de peu de place ». Les petits espaces de liberté, poumons verts où les arbres sont rois et les hommes interdits de séjour, sont également plus nombreux au nord…. Le tableau n’est pas rose. David Happe garde espoir : « Je sens une prise de conscience politique depuis deux-trois ans » . Le temps de l’arbre est long ; le manque d’anticipation pourrait ruiner des efforts trop tardifs, dans de nombreuses agglomérations.

