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L’élevage, une solution contre les incendies

Rémy Thépaut et Jérémy Stéphan expliquent le rôle nourricier de la lande, aussi favorable à la biodiversité et efficace contre les incendies quand elle est entretenue.

Les récents incendies dans les monts d’Arrée ont fait couler beaucoup d’encre mais ont eu l’avantage de remettre le rôle de l’agriculture au centre des débats. La ferme Les Landes Celtes est bien placée, au propre comme au figuré, pour parler des ravages du feu et de la fonction de l’élevage dans l’entretien du paysage, ainsi que dans la gestion de catastrophes liées au feu. Située à Loqueffret, Rémy Thépaut et Jérémy Stéphan ont été aux premières loges quand le feu dévorait la lande.

Fauche tous 5 à 8 ans

Les éleveurs ont tenu à rappeler le rôle de l’élevage et de l’entretien des parcelles qui en découle, pour lutter contre ces phénomènes destructeurs. Sur la ferme de 240 ha, une partie de la sole est composée de landes. « Nous la fauchons pour l’utiliser comme litière. C’est une façon d’exporter toute cette matière organique sèche qui ne demande qu’à brûler ».
Les fauches sont réalisées tous les 5 à 8 ans. De plus, ces espaces naturels sont utilisés pour nourrir le troupeau, qui broute allègrement la molinie ou les jeunes pousses d’ajonc. « Ces landes sont utilisées pour débrayer les autres prairies dans lesquelles nous produisons notre foin ». Ces espaces a priori pauvres sont en réalité un trésor pour les éleveurs, « qui nous permet tent de gagner notre vie, de vivre sur le territoire. À partir de ce que la nature nous offre, nous arrivons à produire de la viande de qualité », explique Rémy Thépaut. La ferme propose à la vente 140 volailles par semaine, ainsi que 3 bœufs par mois. Le troupeau de 65 mères exclusivement nourries à l’herbe se compose de race Salers, Aubrac et Charolaise. Dans ce système, le chargement est de 0,5 UGB/ha.

14 000 ha en Bretagne

« Nous sommes passé de 1 million d’hectares de landes dans les années 1800 à 14 000 ha aujourd’hui. Sur ces 14 000 ha, seulement 10 % sont gérés », chiffre François de Beaulieu, naturaliste bénévole à Bretagne Vivante et spécialiste des landes. Il poursuit : « La très grande majorité des landes appartiennent à des propriétaires privés, la surface moyenne des îlots n’est que de 0,8 ha… C’est une mosaïque complexe ».

Imaginer des aménagements
Alain Thomas, administrateur de Bretagne Vivante, rappelle que « la lande pousse lentement. Prenons le temps de nous mettre tous autour d’une table pour imaginer des aménagements ». La priorité pour les différents organismes qui surveillent et étudient les monts d’Arrée va être l’observation de l’avenir à court et moyen terme. « Lors de l’incendie de 1976, des briophytes, espèces de mousse, ont colonisé et complètement bloqué l’espace. Nous allons voir si ce sera également le cas avec ce dernier incendie ».

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