Cultures

Légumes : Une année complexe mais encourageante

Le chiffre d’affaires de la Sica Saint-Pol-de-Léon progresse, dans un contexte où le consommateur se tourne plus vers l’origine française. La coopérative doit aussi faire face au contexte mondial et à la loi régissant l’emballage des fruits et légumes.

Les 626 exploitations adhérentes à la Sica Saint-Pol-de-Léon ont généré un chiffre d’affaires (CA) en hausse de 6 %, qui s’établit à 238 millions d’euros. La tomate tient la 1re place dans les légumes (24 % du CA), grâce à « un retour vers les produits français et une meilleure valorisation. Les 25 000 t produites, dans une année complexe à cause d’une forte pression sanitaire, sont encourageantes, même s’il a été difficile de maintenir la gamme sans pesticide », résume Thomas Quillévéré secrétaire général de la coopérative. Pour cette année, la tomate interroge fortement Marc Keranguéven, président de la Sica. Avec le conflit en Ukraine, « il y aura moins de produits à aller dans ce pays. Le coût de l’énergie est aussi très inquiétant. Si on chauffe moins les serres pour cette campagne, il risque d’y avoir des problèmes sanitaires sur les plantes car le feuillage séchera moins vite ».

Le défi de répondre à la loi Agec

Adoptée en février en 2020, la loi Agec a pour objectif de réduire le gaspillage, pour une économie circulaire. Avec des emballages plastique interdits pour les conditionnements inférieurs à 1,5 kg, les responsables doivent
faire face à de véritables casse-tête. « Nous sommes passés sur des couvercles en carton ajouré pour que le consommateur puisse voir le produit, en remplacement des emballages flow-pack. En mini-légumes, nous sommes dans une impasse : ce sont des produits lavés et ressuyés qui humidifient les cartons. De plus cet emballage ne garde pas la fraîcheur du produit… », observe Marc Keranguéven.

Anticiper les volumes

Pour fluidifier la mise en marché des légumes, la prévision des volumes de récolte reste un sujet de fond. « Il nous faut réussir à anticiper pour sécuriser les volumes. Pour ce faire, nous avons une multitude de données ». En compilant les fiches de traçabilité de chaque variété et les données météorologiques du Caté, la Sica veut lancer « un outil prédictif capable de nous mettre en alerte si des volumes importants arrivent ». À cela s’ajoute la station de conditionnement Vilar Gren qui centralise 80 % des légumes produits et offre aux négociants plus de flexibilité dans le départ de leurs marchandises. « Le déploiement d’un nouveau portail client informant en temps réel de l’état d’avancement de la préparation de leur commande et donc de l’heure de la mise à disposition, permet aux clients une réelle optimisation logistique », conclut le président.

Un artichaut plus fermé en test
« Chez les producteurs d’artichaut, les départs à la retraite ne sont pas compensés par les installations de jeunes agriculteurs. Il y a un essoufflement ». La Sica continue ses travaux sur des itinéraires techniques différents. La recherche avance au sujet des artichauts de semis, « même si les produits ne sont pas encore aboutis, il y a toujours un problème de coût ». Actuellement en phase de test, une nouvelle variété type Camus s’avère être prometteuse, avec une tête plus fermée semblable aux artichauts des Pyrénées.
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