Economie, marchés et gestion

Le bio concurrencé par les labels

Sans pesticides, sans conservateurs, vaches au pâturage… Le bio, toujours très bien « noté » par le consommateur, se fait toutefois rattraper par les autres labels. Une communication collective est conseillée autour de la double promesse : santé + environnement.

En 5 ans, la consommation de produits bio a doublé. En 2020, année marquée par les confinements, le montant par acheteur et le nombre d’acheteurs se sont accrus. Aujourd’hui, quasiment tout le monde achète du bio au moins une fois par an. Mais en 2021, un décrochage est observé avec des ventes en baisse. « Sur les 12 derniers mois, les Français ont consommé en moyenne 180 € de produits labellisés bio, soit 7 % de moins que l’année dernière sur la même période », a situé Maëlie Tredan, de la Chambre d’agriculture de Bretagne, lors du « Rendez-vous Éco-Emploi » d’Ille-et-Vilaine organisé le 16 novembre.
Ce ralentissement s’explique par plusieurs raisons. « Les consommateurs ont réalisé moins souvent des courses sur 2021. Or le nombre d’achats bio est directement lié au nombre de visites en magasin. Les Français ont par ailleurs pris moins de repas à la maison et ils ont repris des dépenses alimentaires d’avant crise (transport, loisir…) ».

Vigilance face à l’inflation des prix

« À court terme, deux sujets nous inquiètent. Le nombre de consommateurs ayant l’intention d’acheter plus
souvent des produits bio alimentaires à l’avenir est en baisse. Et ce constat est davantage marqué chez les consommateurs les plus convaincus et fidèles. Deuxième point, le prix reste le critère n° 1 dans l’achat. Et les Français sont vigilants par rapport à l’inflation actuelle. 23 % d’entre eux bouclent difficilement voire jamais leurs fins de mois », souligne Anne-Sophie Bielak, de la société de sondage Kantar. Ces données s’appuient sur un échantillon représentatif de la population française.

Une communication commune

La baisse de consommation du bio est aussi liée à la concurrence d’autres labels. « L’image et la notoriété du bio se consolident. Le bio est le 2e label le plus connu derrière le label rouge. Mais les Français notent également mieux les autres labels tels que le ” sans résidus de pesticides”. Le prix du bio reste un frein à l’achat mais ne progresse pas. » Globalement, les raisons qui poussent à acheter bio perdent en force et clarté. « Pour consolider son ancrage, la filière doit dans un premier temps communiquer sur les deux promesses du bio qui marchent en duo : la santé + l’environnement. Et le bio doit parler d’une même voix », affirme Anne-Sophie Bielak. « Les filières doivent travailler sur une communication commune », confirme Loïc Guines, président de la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. 

Proposer du « bio à impact positif »
Améliorer le cahier des charges peut être une piste pour l’avenir en misant sur le local : une attente forte des consommateurs. De bons « nutri-scores » sont aussi à rechercher ainsi que la limitation des emballages, les produits assurant une rémunération aux producteurs… Le bio peut aussi miser sur la restauration collective ou le e-commerce. « Mais des craintes de déconversions demeurent face aux difficultés en cours et aux réformes Pac prévues (nouveaux éco-régimes, fin des aides au maintien bio…) », précise Maëlie Tredan.
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