Energies et environnement

Climat et élevage : Le tabou du méthane ?

Lors de la Cop26, l’UE et les États-Unis ont officialisé leur initiative commune de réduction des émissions de méthane. Mais elle devrait surtout porter sur les déchets et l’énergie. Seul le Canada affiche clairement une volonté de réduire la consommation de protéines animales.

« L’un des enjeux de la Cop26 sera de savoir ce que les pays développés diront sur la consommation de produits animaux », souligne Pierre-Marie Aubert, coordinateur de l’initiative agriculture européenne à l’Iddri. Comme mis en évidence par les données de FAOStat, les émissions de méthane liées à la fermentation entérique des bovins semblent diminuer depuis vingt ans pour l’Union européenne ou la Chine. Mais à l’inverse, celles du Brésil ou de l’Inde poursuivent leur ascension. « Et le problème est encore différent pour certains pays d’Afrique subsaharienne qui devraient voir leurs émissions multipliées par deux dans les prochaines années pour répondre à leur demande intérieure », rappelle Pierre-Marie Aubert.

Coalition mondiale

À l’initiative des États-Unis et de l’Union européenne, une grande coalition mondiale sur le méthane a bien été annoncée lors de la Cop26 pour réduire ces émissions de 30 % en dix ans. Mais cette alliance devrait se concentrer a priori sur l’énergie et les déchets, plutôt que sur l’agriculture. De même, la stratégie
européenne ‘De la ferme à la fourchette’ contourne le sujet, en se contentant d’évoquer les pistes
de la méthanisation ou de l’ajout d’additifs dans les rations parmi les solutions destinées à réduire les émissions de méthane des bovins. En examinant les Contributions déterminées au niveau national (NDC), ou en échangeant avec les attachés agricoles des ambassades françaises, seul le Canada semble aujourd’hui à l’aise avec l’idée de réduire la consommation de produits animaux. « Avec une forte communauté végétarienne, la consommation de légumineuses est déjà importante », souligne Yannick Dheilly, délégué commercial d’Ottawa à Paris. Alors que la seule région du Saskatchewan assure près de 40 % de la production mondiale de lentilles, le pays n’a pas hésité à modifier en 2020 les recommandations de son guide alimentaire à destination des politiques et professionnels de santé.

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