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Toutes les semaines, les vaches basculent

Gaec Allain Carrer, Plouvorn (29)

C’est un rendez-vous hebdomadaire que les associés du Gaec Allain Carrer se sont fixé : les pieds des laitières sont parés chaque mardi, pour le bien-être des animaux et des éleveurs, qui travaillent en sécurité avec une cage de contention basculante.

« Nous avions beaucoup plus de soucis sur les pattes avant. Nous n’étions pas équipés pour soigner les pieds, c’était une corvée », se souvient Benoît Carrer, un des 4 associés du Gaec Allain Carrer à Plouvorn (29). Deux personnes étaient nécessaires pour parer les sabots. « Plus on monte en production, plus la corne pousse ». C’est pourquoi lors de la visite du Space 2019, les agriculteurs se sont penchés sur diverses solutions de cage de contention pour faciliter leur travail.

Installée en poste fixe

Après réflexion, ils choisissent d’investir dans la marque autrichienne Rosensteiner, plus particulièrement dans le modèle Kipp Top II, avec poste de nettoyage et d’entretien des onglons confortable pour la vache comme pour l’éleveur. Livrée en mai 2020, la machine fut la 1re de la marque installée en Bretagne.
Quasiment tous les mardis ou à coup sûr une fois par semaine, les 3 stalles de traite DeLaval récemment posées par les établissements L’Eléouet guident les animaux qui nécessitent un entretien des pattes vers le box de soins, grâce aux portes de tri. La cage de contention est fixe, mais « elle peut aussi être attelée au 3 points du tracteur ». Les éleveurs ont préféré lui dédier une place dans le bâtiment : « Elle est imprégnée de l’odeur de l’élevage, les animaux sont sans doute moins stressés. Les vaches connaissent le pareur qui n’est pas quelqu’un de l’extérieur ». L’encombrement dans le bâtiment n’est que de 13,3 m2.
L’entrée de la vache se réalise en douceur. L’opérateur passe 2 sangles ventrales serrées hydrauliquement pour la maintenir, puis l’ensemble bascule de manière à ce que les pattes arrivent à l’horizontale. « C’est une position naturelle et confortable, que l’on observe parfois dans les pâtures », remarque Vincent Carrer.

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Benoît Carrer apprécie de travailler en toute sécurité. Les outils sont à portée de main. « Il ne faut pas oublier l’affutage pour le confort d’utilisation », conseille-t-il.

Un investissement rentable

Quatre serre-pattes ajustables viennent sécuriser l’opération. L’outil concourt au bien-être de l’éleveur, par une position confortable et sûre. Le matériel électroportatif est accessible et complet, avec différentes meuleuses et un décapeur thermique à portée de main pour le séchage des pieds avant la pose de talonnettes. Pour les laitières, ces attentions régulières limitent les douleurs. « Une vache qui a mal dépérit vite. La dernière semaine de lactation, les onglons poussent plus vite », font remarquer les éleveurs. Cette période de la production est donc le moment choisi pour intervenir et préparer ainsi la lactation suivante. « Avec 4 pieds entretenus, on repart sur de bonnes bases », se réjouit Vincent Carrer. « C’est un investissement rapidement rentable. Les chaleurs se manifestent franchement. Systématiquement et pour les retards de chaleur, les femelles ont quelque chose au pied. En cas de problème, on peut intervenir tout de suite », ajoute Benoît Carrer. Dédié au parage dans la ferme, l’associé s’est formé simplement en regardant le travail de pareurs, puis en suivant une formation de 2 jours auprès du GDS.

Le parage en position couchée des bovins laisse le temps à Benoît Carrer d’intervenir, dans le calme : une fois couchée, la vache ne bouge plus. « Pour 4 pieds et suivant les pathologies, je passe environ 10 minutes par animal. Entre 6 et 8 bêtes sont soignées toutes les semaines ». Les dermatites sont traitées dans la foulée, dans une ambiance propre grâce aux pare-bouses. « Nous sommes capables de diminuer des abcès qui en temps normal n’auraient pas été soignés ».

Un autre angle de vue

La position allongée de la vache offre une autre vision, d’autres soins peuvent être apportés. C’est le cas pour l’observation des mamelles, d’autant plus importante quand la traite est robotisée. Le Kipp Top II est adapté à tous types de bovins, y compris vaches en gestation. Sa capacité de levage peut monter jusque 1 tonne.
Situé à proximité de la cage de contention, un box à tapis accueille les animaux qui demandent un temps de repos. « C’est pratique, par exemple pour les génisses qui ont un panaris. Elles sont laissées dans ce box le temps des soins, le tapis est ensuite facile à laver ». D’une manière générale, l’ambiance du troupeau s’est améliorée, « on voit moins de vache en inconfort », concluent les éleveurs. 

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