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Moisson : Une fin de campagne compliquée

De nombreuses parcelles de blé ne sont toujours pas récoltées. Les plannings pour les entreprises de travaux agricoles se complexifient avec une météo incertaine.

« Les moissonneuses sont parquées dans les coins de champ, reste à attendre… Il suffit de 2 mm de bruine la nuit pour empêcher les reprises de chantier, nous avons tous envie de finir », résume Philippe André, agriculteur à Saint-Caradec (22) et président de la section céréales chez Eureden. Ce sentiment partagé sur toute la région rend pénible la fin de moisson qui traîne en longueur. « Nous avons terminé les orges, hormis celles de printemps. Mais il reste encore 1/3 des blés à battre ». Suivant les secteurs géographiques bretons, mardi dernier, 20 à 50 % des surfaces en blé étaient encore sur pied.

Juin sauve les meubles

Maigre consolation dans cette météo couverte, l’absence de germination sur pied des céréales sur ce secteur du Centre-Bretagne, qui s’explique par « un mois de juin faible en luminosité, qui a engendré des retards de maturité ». Cette faible lumière a aussi provoqué de moins bons remplissages des grains, les PS sont en moyenne à 74 kg/hl, « mais rien de catastrophique. Les rendements sont en baisse d’environ 10 % ». La qualité des grains ne semble pas être affectée, les taux de protéines sont de l’ordre de 11 points. Autre point positif, le cours des céréales se tient, ce qui limite les pertes financières.

Derrière les machines, des chauffeurs

La pression monte aussi du côté de Guer (56) où les chantiers n’en finissent plus. « C’est long depuis le début des battages de juin ; d’autant plus que nous étions habitués à finir tôt depuis quelques années », fait remarquer Pierre-Henri Hamon, gérant d’une ETA. Si les récoltes en zone précoce couverte par l’entreprise se sont terminées ce milieu de semaine, restent les parcelles les plus tardives. « C’est beaucoup plus compliqué de descendre en dessous de 15 % d’humidité, teneur minimale pour stocker à la ferme ». « Les gens oublient parfois que derrière les machines, il y a des chauffeurs. On ne peut pas être sur les chantiers de préparation des semis de colza ou sur des épandages de lisier avant d’avoir terminé les récoltes ». Autre point soulevé par le responsable: une rentabilité en baisse sur ses matériels de récolte, « qui effectuent moins de surface par machine car 3 moissonneuses supplémentaires sont en marche ». Pour répondre à la demande pressante, le responsable a mis les bouchées doubles : « On trouve des solutions. On s’entraide aussi entre ETA pour assurer le service aux clients. Nous faisons tous les efforts pour que les blés soient ramassés ».

Cette année particulière pour les céréales se superpose à une année à fourrage, de quoi encore complexifier les plannings. « On enrubanne ou on fauche l’herbe le matin, on moissonne l’après midi… », conclut Pierre-Henri
Hamon.

Préserver la qualité
« Dès que les parcelles sont versées, elles commencent à germer. Heureusement, ce n’est pas le cas des blés toujours debout. La paille est aussi présente en quantité », note Pierre-Henri Hamon. Les parcelles se sont salies du fait de l’humidité, et ralentissent les débits de chantiers. « Nous sommes obligés de démarrer plus tard dans la journée et de finir plus tôt le soir, les adventices gardant de l’humidité. Chaque été où la moisson est compliquée, la qualité de l’aliment du bétail s’en trouve altérée, et se ressent pendant toute l’année ». Chez des producteurs en agriculture biologique, la coupe dissociée est testée depuis cette année. « Le grain est un peu plus sec, la moissonneuse sépare mieux le vert du grain. La technique marche car il n’y a pas de grosses averses ».
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