Cultures

Les dérobées fourragères et leurs valeurs alimentaires

Les dérobées fourragères implantées après une céréale et avant un semis de maïs permettent de produire un fourrage ensilé ou enrubanné pour une consommation hivernale. De nombreuses questions se posent pour produire le fourrage adapté : le choix des espèces, la date de semis, la fertilisation adaptée, le stade de récolte…

Avant de se poser la question du semis des dérobées fourragères, il faut décider quand on veut les récolter. Dès lors, il faut adapter ses pratiques.

Les semis

Dans le cas d’une double récolte automne suivie d’une récolte de printemps, on déclenche les semis après la récolte de céréales dès que les conditions climatiques le permettent (mi-août). En effet, avec un semis précoce, il est possible d’envisager une première récolte 50 à 60 jours après le semis. Après l’orge d’hiver, un déchaumage post-récolte est souvent nécessaire afin de réaliser un faux semis pour éviter la concurrence des repousses d’orge et des adventices.

Une fertilisation adaptée

Avant l’implantation, un apport de fertilisant organique ou minéral est autorisé (quantité variable selon la date d’implantation) et même fortement recommandé si on veut favoriser une implantation rapide de la dérobée. Cette fertilisation va permettre, d’une part, d’obtenir un meilleur rendement automnal (1,5 t à 2 t de MS/exploitation) et d’autre part de gagner en valeur alimentaire des fourrages. En effet, les valeurs alimentaires des exploitations automnales peuvent approcher 0,9 à 1 UFL et 15 à 22 % de MAT. Le pâturage est le mode d’exploitation le plus adapté pour ces exploitations. Une récolte en ensilage ou en enrubannage est possible mais sera plus difficile à conserver car les fourrages sont riches en eau et sont plus difficiles à sécher. Pour garantir qualité et quantité pour la récolte de printemps, la conduite culturale est primordiale. La fertilisation azotée doit être appliquée tôt, de 40 à 50 unités sur les quinze premiers jours de février. La quantité d’azote dans le cadre de la fertilisation des dérobées est limitée à 50 unités. Consultez la réglementation en vigueur avant toute intervention.

Le choix des espèces

Les associations graminées/légumineuses donnent de meilleurs résultats. Les mélanges les plus performants sont composés de :
• 40 % de graminées à base de RGI (un RGI alternatif : production d’automne et un RGI non alternatif : production printanière) qui vont apporter rendement et valeur alimentaire.
• 60 % de légumineuses à base de trèfles annuels pour apporter de la protéine et permettre une économie sur la fertilisation azotée. Le trèfle incarnat et le trèfle de Micheli sont les espèces de cycle court les plus adaptées de par leurs valeurs alimentaires et leurs potentiels de rendement. L’introduction de vesce est également possible, elle peut apporter un plus en MAT pour la récolte de printemps. Elle aura peu d’influence sur le rendement global.

schema eureden 1

Le cas d’une récolte de printemps

La conduite de la culture est pratiquement la même que pour une double récolte automne et une récolte printemps. La grande différence interviendra sur la date d’implantation. Pour une récolte de printemps uniquement, il faut attendre mi-septembre avant d’envisager les semis. En effet, un semis trop précoce entraînera un développement trop important de la graminée ainsi que du trèfle. La culture, qui sera trop avancée en stade, aura plus de mal à passer l’hiver et la qualité de la récolte au printemps sera fortement impactée. En zone séchante, on peut envisager le seigle multicaule comme alternative au ray-grass italien car il est moins gourmand en eau. Il peut être associé à une vesce velue ou à une vesce commune, ainsi qu’à un trèfle incarnat. Le seigle est néanmoins plus tardif à montaison qu’un RGI, la récolte de printemps sera donc plus tardive.

Stade de récolte et valeur alimentaire

Pour un objectif de valeur alimentaire, le stade idéal de récolte se situe à 10-20 cm de la hauteur de l’épi dans la gaine pour le ray-grass d’Italie et au stade bourgeonnement pour le trèfle. La récolte précoce de la dérobée favorise la qualité au détriment de la quantité. Un ensilage de qualité au niveau valeur alimentaire doit se situer à plus de 0,8 UFL et 15 % de MAT. 6 points de MAT en plus sur un fourrage distribué à raison de 3,5 kg de MS équivaut à 500 g de soja 48. Pour un objectif de rendement maximum, le stade idéal est le stade début épiaison de la graminée.  

Bilan
Les récoltes des vitrines Eureden dérobées se sont déroulées précocement fin mars, début avril. Les rendements des dérobées sont cette année moyens à faibles. Les conditions climatiques froides et sèches de février et mars ont pénalisé les rendements. Le Prota Plus First confirme son excellent potentiel de rendement ainsi qu’un taux de MAT dans la moyenne.

André Yvinec / Eureden

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