La ferme nordique de Maritta et Pascal Simon, à Paimpont, propose des randonnées en attelage de chiens de traîneaux sur roues. Sensations garanties.

Cerveaux et poumons
La ferme nordique compte une cinquantaine de chiens, des Huskys de Sibérie en majorité, mais aussi cinq chiens-loups américains, neuf Alaskans et un puissant Malamute. L’attelage compte 14 chiens qui tirent des karts de deux à quatre personnes. Les deux chiens de tête, appelés « cerveaux », sont choisis pour leur capacité à éviter rapidement les embûches sur le parcours. « Contrairement à ce que l’on peut penser, ce ne sont pas des chefs de meute », explique l’entrepreneur. « Derrière eux, je place les “poumons”, des Alaskans, qui sont des chiens Huskys croisés avec des lévriers. Ils apportent de la vitesse. Ensuite, viennent les costauds, proches du traîneau ». À pleine vitesse, l’attelage peut atteindre 30 km/h. « Dans les virages, à quelques centimètres du sol, les sensations sont garanties ». Les clients participent à la préparation du kart et des chiens ; les randonnées durent en moyenne une petite demi-heure. « Il y a des biches en liberté dans le secteur. Parfois, les chiens de tête perçoivent leur présence et tentent de les courser », s’amuse le musher. « Il y a toujours l’un de nous sur le kart, avec les clients ».
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200 chiens proposés
Après les randonnées, les chiens, en majorité stérilisés, sont logés dans des enclos, à l’ombre des grands arbres. « J’ai constitué l’élevage en quatre à cinq ans. La grande majorité des chiens ont été récupérés à la SPA ou dans des refuges ». Ice, un Husky dans la force de l’âge, a échappé de peu à l’euthanasie, jugé trop agressif. Désormais dans l’enclos des chiens au « passé difficile », il s’amuse et se laisse volontiers caresser. « Quand on m’en propose un, je le teste en balade. S’il est réceptif et non dominant, je le place dans l’un des groupes, en fonction de son caractère ». Parfois, des particuliers désemparés souhaitent se séparer de leurs chiens, réputés fugueurs. Pascal Simon assure avoir refusé près de 200 individus, en montrant la photo d’un jeune Husky, reçue la veille sur smartphone. « Encore un qui finira à la SPA ; je n’en prends plus actuellement ». Il ne fait qu’une portée de chiots par an, « pour remplacer les chiens les plus vieux ; en aucun cas pour les vendre ».
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Matinaux
La ferme attire de nombreux visiteurs. La période de confinement a brisé l’élan, « nous étions complets », regrette le propriétaire. Malgré cette défection, les chiens s’entraînent tous les jours. Une manière de les maintenir en forme et d’assurer une entente cordiale dans les enclos. En période estivale, ils ne sortent qu’en matinée. L’après-midi, ils se reposent à l’ombre des grands arbres. « Il faut s’adapter au climat », concède Pascal Simon. Certains d’entre eux iront se frotter à d’autres athlètes dans les montagnes alpines, l’hiver prochain. « Élodie, notre salariée est passionnée ; elle participera à des compétitions avec un attelage ». Sur traîneau, cette fois-ci. L’occasion pour les chiens de retrouver leur domaine de prédilection.

