Côtes d'ArmorEnergies et environnement

Lutter avec les mairies contre le frelon asiatique

Sur toutes les communes, les représentants du GDSA 22 invitent apiculteurs et élus locaux à mettre en œuvre le piégeage dès ce printemps pour freiner la croissance exponentielle de la population de frelons à pattes jaunes.   

22 000 nids de frelons à pattes jaunes (Vespa velutina), plus connus sous le nom de frelons asiatiques, ont été détruits en Bretagne en 2018. Et ce ne serait que la partie visible de l’iceberg puisque les représentants du monde apicole estiment que seule une colonie sur sept est détectée. Surtout, le développement de cette espèce débarquée en 2014 ou 2015 dans la région et « sans prédateur naturel chez nous » est exponentiel : « D’un nid, sortiront environ 300 reines fondatrices dont 10 % survivront à la mauvaise saison, soit un potentiel de 30 nids l’année suivante et donc de 900 nids l’année d’après. La pression du frelon asiatique sur l’environnement est donc en constante progression », livre Georges Ponthieux, secrétaire du Groupement de défense sanitaire des abeilles des Côtes d’Armor (GDSA 22).

Un nid prélève 150 000 insectes dans la saison

Pour tenter de briser le cycle infernal de cette infestation, la structure lance, ce printemps, une campagne de piégeage sur le département organisée à l’échelle des communes et des agglomérations. « L’objectif est de créer un réseau de communes référencées s’investissant de façon pérenne dans la capture des fondatrices au printemps et en fin de saison, avec retour d’informations à partir du suivi des captures. »

Si les 700 apiculteurs adhérents du GDSA 22 sont invités à frapper à la porte de leurs élus locaux pour mettre en œuvre cette lutte ciblée (voir encadré), les éleveurs d’abeilles ne sont pas les seuls concernés par ce problème global. D’abord, les frelons s’attaquent à une bonne partie de l’entomofaune : un nid prélève dans l’environnement une moyenne de 150 000 insectes durant sa saison. « Ils représentent également un risque pour les personnes travaillant en extérieur comme les agriculteurs, les paysagistes, les agents d’entretien des espaces collectifs… Mais aussi pour les promeneurs, joggeurs, cavaliers ou les visiteurs dans les jardins publics ou sur les marchés », précise Georges Ponthieux.    

L’abeille, chair fraîche protéinée à disposition

Les dates de cette campagne de piégeage dépendent avant tout de la météo. « Les reines fondatrices qui ont passé l’hiver isolées, à l’abri d’un tas de bois par exemple, sortent avec la hausse des températures. On estime à partir de 13 °C », précise Éric Le Bars. Chacune part alors fonder un nid primaire de la taille d’une orange dans une cabane d’enfant ou un nichoir d’oiseau par exemple où elle pondra d’abord 5 ou 6 œufs. C’est lors de ce déplacement qu’elle peut être piégée. Car ensuite, la mini-colonie qui se sera agrandie migrera pour construire le nid secondaire faisant jusqu’à 1 m de diamètre, perché haut, et abritant 3 000 spécimens. « Puis, au cours de l’été, les ruches vont alors constituer un self-service pour les frelons : l’abeille représente de la chair fraîche à disposition, source de
protéines pour nourrir leurs larves. On considère qu’une ruche attaquée est condamnée en une semaine », explique le technicien sanitaire apicole. Puis, vers le mois d’octobre, les nouvelles reines fondatrices sortiront pour se préparer à se cacher pour l’hier. « L’automne est alors une 2e période où le piégeage doit être mis en place partout sur les communes. »

Former un agent municipal par commune
La stratégie proposée par le GDSA 22 aux collectivités locales vise à capturer les reines fondatrices au printemps et à l’automne. Cette technique présente des avantages : facilité de mise en œuvre, coût réduit et efficacité. « Il faut compter 4 € le piège homologué. Et 10 à 30 pièges selon la surface de la commune », précise Georges Ponthieux. « À comparer au prix et au risque lors d’une intervention par une entreprise spécialisée pour la destruction d’un nid en 
automne. Dans notre plan de lutte, c’est la fondatrice qui vient au piège et non la 
société de désinsectisation qui doit se rendre au nid très souvent difficile d’accès. » La mise en œuvre demande l’affectation d’un agent technique communal à la gestion du réseau de pièges sur une plage horaire dédiée (1 à 3 heures / semaine pour contrôle et comptabilité des prises, renouvellement de l’attractif). Le GDSA 22 s’implique dans la formation de ce responsable au démarrage. Plus d’informations : gdsa22.bzh ou Georges Ponthieux, au 06 80 68 89 30.
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