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« Passer en robot sans négliger la santé des pattes »

En se formant et en s’investissant depuis 4 ans dans la prise en charge précoce des boiteries, les associés ont amélioré la santé des pieds de leurs vaches. Le récent passage en robot s’est accompagné de l’installation d’une cage déjà indispensable.

« Quand on achète des animaux à l’extérieur, la dermatite est souvent offerte », démarre, avec ironie, Alexandra Piguel qui s’est installée à Guipel (35), il y a quatre ans, en s’associant à son mari Aurélien. « À l’époque, il y avait toujours des boiteries, concernant souvent les mêmes vaches. Entre deux passages du pareur, nous avons voulu prendre le problème à bras-le-corps », confie l’ex-ambulancière sensible au bien-être de son cheptel.

Au revoir abcès et panaris

Lors de formations avec Jean-Marc Héliez, vétérinaire réalisant des audits de troupeaux, Dominique Bernier, ancien pédicure, et Stévenn Clec’h de la société Synthèse Élevage, le couple a pris conscience de tout l’impact d’une bonne santé des pattes en élevage laitier. « Nous avons appris à détecter beaucoup plus précocement en observant la posture des animaux. Maintenant, dès qu’une vache lève un peu le pied, nous intervenons avant la baisse de lait. » Équipé d’un système de contention au cornadis, Aurélien Piguel s’est mis à réaliser du parage fonctionnel à la rénette avant tarissement. Parallèlement, les éleveurs ont mis en place un traitement préventif régulier. « Toutes les 2 ou 3 semaines, nous lavions les pieds des 110 vaches avant de les traire. Après la dépose des faisceaux, nous pulvérisions du Hoof Fit Spray grâce à une pompe dédiée qui facilitait le travail », détaille Alexandra Piguel. Sans oublier qu’à chaque fois, la mise en œuvre de ce protocole était l’occasion d’examiner de près les onglons. « Si une lésion était repérée, je marquais la vache à la peinture et le traitement local était prolongé jusqu’à guérison. »

Une bonne locomotion pour une bonne circulation

Tous ces efforts ont payé et la santé globale des pieds s’est améliorée : « La dermatite était contrôlée, on ne voyait plus d’abcès ou de panaris et la consommation d’antibiotique s’est réduite.  » Le vétérinaire qui passe tous les 15 jours pour le suivi de la reproduction a vite souligné « une amélioration dans les aplombs et les déplacements des animaux ». Le pédicure aussi a vu la différence : ses interventions ne se limitaient pratiquement plus qu’à du parage fonctionnel. « Et quand les pattes vont mieux, peu à peu, résultats techniques et économiques ont tendance à s’améliorer. »
Puis les associés ont décidé de passer à la traite automatisée pour limiter l’astreinte et diminuer la charge physique au quotidien. « Mais il n’était pas question de négliger la santé des pieds. D’autant que dans une conduite robotisée qui fonctionne, les vaches doivent évoluer de façon la plus autonome possible.  » Une bonne locomotion devient garante d’une bonne fréquentation des points d’intérêt du bâtiment (auge, abreuvoirs, logettes, robot).
Inaugurées le 4 novembre 2020, les deux stalles ont été aussitôt équipées de Spray Fit, système de pulvérisation automatique. À chaque passage, les pieds postérieurs sont lavés. L’application du traitement intervient toutes les 2 ou 3 semaines lors de toutes les traites durant deux jours consécutifs pendant cette période de démarrage où les vaches ont pu être stressées (intégration de nouveaux animaux, apprentissage au robot…). « Ensuite, si tout va bien, les soins pourront être espacés.  »

Au pic de lactation et au tarissement

Par ailleurs, une cage de parage a été installée en poste fixe à proximité des stalles. « L’ancien système mobile était contraignant, lourd à déplacer et long à mettre en place.  » Désormais, isoler une vache et lui lever la patte est devenu un jeu d’enfant même pour une personne seule. « Grâce à cette facilité, l’objectif est de vérifier les pieds des vaches pour un éventuel parage fonctionnel à deux périodes-clés : autour du pic de lactation et avant le tarissement.  » 

Une cage multifonctions utilisée tous les jours
« Pas question de soigner les vaches dans les robots ou les logettes.  » Dès le départ, sur les plans d’extension du bâtiment pour accueillir les automates, un espace dédié à une cage d’intervention (avec point d’eau, prises électriques…) a été prévu. Alexandra et Aurélien Piguel ont investi 6 700 € TTC dans un matériel tout hydraulique (distribué par Jean-François Faisant, un fournisseur à proximité facilitant le SAV). « En contrepartie, au titre de l’amélioration des conditions de travail, nous avons reçu de la MSA une subvention de 2 000 €. Une opportunité qui n’est pas assez connue des éleveurs qui construisent ou rénovent », explique la productrice de lait.    Parer des pieds, poser ou retirer un pansement, soigner une mammite, tarir, appliquer une huile essentielle ou fouiller une vache…

« Désormais, la cage est utilisée presque tous les jours. Faisant partie de leur paysage quotidien, les vaches y entrent sans aucun stress, rassurées d’être toujours en contact visuel avec leurs congénères », raconte Alexandra Piguel. Les intervenants extérieurs apprécient également de pouvoir opérer rapidement et en toute sécurité. « Quand on l’appelle pour une ou deux boiteuses, le pédicure n’a plus besoin d’installer sa cage. Il gagne un temps précieux. » Même chose pour le vétérinaire. « Cette facilité nous motive encore davantage à aller chercher un animal pour intervenir très tôt. »

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