Edito

L’improbable

La pandémie a arrêté la jeunesse dans son élan. À d’autres époques, on aurait connu jeunesse plus véhémente dans des circonstances similaires. Pour l’instant, elle se tait. L’espérance de jours meilleurs calme-t-elle son attente ?

Toutes les époques de rupture ont montré que la machine économique et sociale redémarre rarement dans la douceur de l’éclosion d’une fleur de printemps. Aujourd’hui, il n’y a plus que des esprits fossilisés dans les « Trente glorieuses » pour penser que le relance de la consommation sur le modèle pré-Covid conduira à réalimenter tranquillement la machine. C’est oublier que la crise sanitaire est aussi – d’abord – le révélateur d’une planète menacée dans sa vie. Et pour la première fois depuis 540 millions d’années, depuis le Phanérozoïque qui a vu l’émergence de la vie sur terre, la Terre tremble face à l’une de ses propres créatures : l’homme.

Les premières alertes remontent aux années 70. Mais que d’inertie, se désolent la plupart des climatologues, sociologues et autres têtes pensantes qui disposent des connaissances pour analyser rationnellement la situation. Et ils n’en ont pas fini de s’élever contre l’immobilisme. Car trop de solutions annoncées pour changer de cap sont modelées dans le moule de l’inertie. La plupart des « changements » sont en fait des « adaptations ». À cet égard, l’agriculture ne diffère pas fondamentalement des autres secteurs.

Reste l’espoir. L’espoir de l’improbable. Cet improbable duquel peut jaillir l’éclair qui illumine le chemin de l’avenir dans un grand mouvement de solidarité et de fraternité humaine. L’histoire se répétant, l’étincelle proviendra de la jeunesse. Une jeunesse en quête de sens, animée par la volonté de repartir, de surpasser les obstacles. C’est rassurant. C’est enthousiasmant.

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